Frise chronologique
1683
Création de la place
Création de la place
1683 (≈ 1683)
Arrêt du Conseil du Roi ordonnant sa construction.
26 mars 1686
Inauguration initiale
Inauguration initiale
26 mars 1686 (≈ 1686)
Statue de Louis XIV par Desjardins dévoilée.
13 août 1792
Destruction de la statue
Destruction de la statue
13 août 1792 (≈ 1792)
Statue de Louis XIV fondue pendant la Révolution.
1810
Statue du général Desaix
Statue du général Desaix
1810 (≈ 1810)
Érection temporaire d’un monument napoléonien.
25 août 1822
Statue équestre actuelle
Statue équestre actuelle
25 août 1822 (≈ 1822)
Inauguration de la statue de Bosio.
1962
Classement monument historique
Classement monument historique
1962 (≈ 1962)
Protection du sol de la place.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Place des Victoires, le sol : classement par arrêté du 8 novembre 1962
Personnages clés
| Louis XIV - Roi de France (Roi-Soleil) |
Dédicataire de la place et de sa statue. |
| Maréchal de La Feuillade - Commanditaire initial |
Offrit la première statue de Louis XIV. |
| Jules Hardouin-Mansart - Architecte |
Conçut l’urbanisme de la place. |
| Martin Desjardins - Sculpteur |
Auteur de la statue originelle de 1686. |
| François-Joseph Bosio - Sculpteur |
Créa la statue équestre actuelle (1822). |
| Napoléon Ier - Empereur des Français |
Commanda la statue du général Desaix. |
Origine et histoire
La place des Victoires, troisième place royale de Paris après la place Dauphine et la place des Vosges, fut conçue en 1683 sous l’impulsion du maréchal de La Feuillade. Ce dernier offrit à Louis XIV une statue en bronze le représentant en costume de sacre, piétinant un cerbère symbolisant la Quadruple Alliance vaincue. Le projet, confié à Jules Hardouin-Mansart, visait à créer un espace urbanistique harmonieux autour de ce monument central, avec des façades ordonnancées et des arcades. La place fut inaugurée en 1686, marquant l’apogée du règne de Louis XIV.
La statue originelle, œuvre de Martin Desjardins, fut détruite en 1792 pendant la Révolution, remplacée par une pyramide en bois commémorant les victimes du 10 août. En 1810, une statue du général Desaix y fut érigée, avant d’être remplacée en 1822 par l’actuelle statue équestre de Louis XIV, sculptée par François-Joseph Bosio. La place, initialement conçue comme un cercle parfait, subit des modifications majeures au XIXe siècle, notamment avec le percement de la rue Étienne-Marcel, altérant son harmonie géométrique.
Classée monument historique en 1962 pour son sol et en 1992 pour sa statue, la place des Victoires conserve des hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècles, aujourd’hui protégés. Son histoire reflète les bouleversements politiques de la France, depuis la monarchie absolue jusqu’à la Révolution et la Restauration. Les quatre esclaves en bronze, symbolisant les nations vaincues, furent d’abord exposés aux Invalides avant d’être transférés au musée du Louvre, où ils sont conservés aujourd’hui.
Les façades de la place, initialement strictement réglementées (arcades, étages nobles, pilastres ioniques), ont subi des transformations au fil des siècles, notamment avec la disparition de certains hôtels lors des percées haussmanniennes. Malgré ces altérations, la place reste un exemple emblématique de l’urbanisme royal français, mêlant symbolisme politique et esthétique classique. Son nom célèbre les victoires militaires de Louis XIV, tant à l’extérieur (traité de Nimègue) qu’à l’intérieur (révocation de l’édit de Nantes).
Aujourd’hui, la place des Victoires est un lieu animé du centre de Paris, entouré de boutiques de luxe et de bâtiments historiques. Elle a inspiré des œuvres artistiques, comme des films (Paris, je t’aime) ou des essais (Paris la Grande de Philippe Meyer), et reste un témoignage vivant de l’héritage architectural et politique de l’Ancien Régime.