Création du polissoir Néolithique (≈ 4100 av. J.-C.)
Extraction et utilisation comme outil de polissage.
Moyen Âge
Associations légendaires à saint Guillaume
Associations légendaires à saint Guillaume Moyen Âge (≈ 1125)
Légende du martyre et rituels de guérison.
1880
Première description par Émile Moreau
Première description par Émile Moreau 1880 (≈ 1880)
Fouilles archéologiques et publication initiale.
1889
Classement monument historique
Classement monument historique 1889 (≈ 1889)
Protection par la Commission de la Mayenne.
1899
Monographie de L. Fléchard
Monographie de L. Fléchard 1899 (≈ 1899)
Mention des pratiques magiques et croix.
2012
Fouilles archéologiques récentes
Fouilles archéologiques récentes 2012 (≈ 2012)
Étude de la pierre et parcelles voisines.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Polissoir dit La Pierre Saint-Guillaume (cad. B 3) : classement par liste de 1889
Personnages clés
Guillaume Firmat (saint Guillaume) - Ermite de Tours
Légende du martyre sur la pierre.
Émile Moreau - Archéologue du XIXe siècle
Premier à décrire le polissoir en 1880.
L. Fléchard - Instituteur et monographe
Documente les rituels en 1899.
Origine et histoire du polissoir
La pierre Saint-Guillaume est un mégalithe néolithique situé à Montenay, dans le département de la Mayenne, utilisé comme polissoir fixe. Ce bloc de grès armoricain, extrait d’un affleurement à 3 km en forêt de Mayenne, mesure 224 cm de long pour un poids estimé entre 2,5 et 3 tonnes (3,15 tonnes initialement). Sa face supérieure présente onze cuvettes et sept rainures de polissage, typiques des techniques néolithiques. Des éclats, détachés au cours des millénaires, lui donnent aujourd’hui une forme évoquant un sarcophage.
Depuis le Moyen Âge, ce monument est associé à des pratiques magico-religieuses et à la légende de saint Guillaume Firmat, ermite de Tours ayant vécu dans le Bas-Maine et la Bretagne. Selon la tradition, il aurait été exécuté sur cette pierre, y laissant l’empreinte de son corps et des taches rougeâtres interprétées comme des traces de son sang. La poussière de la pierre, récoltée par friction, était réputée guérir la fièvre. Les rituels incluaient le nettoyage de la pierre avec un balai de genêts et l’enfouissement d’une pièce au pied d’une croix, dont des vestiges (une croix en bois et un croisillon médiéval) étaient encore visibles à la fin du XIXe siècle.
Le polissoir a été décrit pour la première fois en 1880 par Émile Moreau, qui signale des fouilles archéologiques infructueuses cette même année. Grâce à sa publication, la Commission historique et archéologique de la Mayenne obtient son classement au titre des monuments historiques par la liste de 1889. En 1899, l’instituteur L. Fléchard mentionne dans sa monographie les pratiques magiques persistantes et la présence de deux croix sur le site. Des fouilles archéologiques menées en 2012 ont confirmé l’emplacement d’une croix médiévale au nord de la pierre et étudié les éclats liés aux rituels, ainsi que les parcelles environnantes.
L’étude de 2015 par G. Kerdivel et E. Mens (publiée dans La Mayenne, archéologie, histoire) souligne la christianisation de ce monument préhistorique, dont le nom et les légendes reflètent une tradition de dévotion locale. La pierre, toujours in situ à 50 m au sud du hameau de la Berthellière, est accessible par un chemin fléché et aménagé avec un panneau explicatif. Son altitude de 155 m et son orientation parallèle au chemin suggèrent qu’elle n’a pas été déplacée depuis le Néolithique, ou seulement de manière mineure.