Frise chronologique
1870
Commande du bâtiment
Commande du bâtiment
1870 (≈ 1870)
Archevêché de Paris lance la construction.
1874
Inauguration
Inauguration
1874 (≈ 1874)
Ouverture du service des pompes funèbres.
1905
Municipalisation
Municipalisation
1905 (≈ 1905)
Passage sous contrôle de la Ville de Paris.
1997
Fermeture définitive
Fermeture définitive
1997 (≈ 1997)
Fin de l’activité funéraire.
21 janvier 1997
Classement MH
Classement MH
21 janvier 1997 (≈ 1997)
Inscription des façades et halles.
11 octobre 2008
Réouverture culturelle
Réouverture culturelle
11 octobre 2008 (≈ 2008)
Inauguration du Centquatre-Paris.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures sur rues des bâtiments donnant sur les rues d'Aubervilliers et Curial ; halles en totalité avec leurs cours (cad. AD 1) : inscription par arrêté du 21 janvier 1997
Personnages clés
| Édouard Delebarre Debay - Architecte |
Concepteur du bâtiment (1872-1874). |
| Victor Baltard - Architecte en chef |
Supervise la construction. |
| Bertrand Delanoë - Maire de Paris |
Lance la réhabilitation en 2003. |
| Marc Iseppi et Jacques Pajot - Architectes (Atelier Novembre) |
Dirigent la rénovation (2003-2008). |
| José-Manuel Gonçalvès - Directeur (2010-2025) |
Relance la dynamique culturelle. |
Origine et histoire
Le bâtiment des pompes funèbres du 108 rue d’Aubervilliers, dans le 19e arrondissement de Paris, fut érigé entre 1872 et 1874 sous la direction des architectes Édouard Delebarre Debay et Godon, supervisés par Victor Baltard. Commandé par l’archevêché de Paris pour centraliser les services funéraires, il remplace les anciens abattoirs de Villette-Popincourt sur un terrain de 26 000 m2. Son style industriel, inspiré des gares et expositions universelles, combine brique, verre, fonte et fer, avec deux vastes halles de 270 mètres de long, des écuries, et des ateliers dédiés à la fabrication de cercueils et d’ornements funéraires.
Inauguré en 1874, le site emploie jusqu’à 1 400 personnes au XXe siècle, organisant 150 convois quotidiens. La première halle, rue d’Aubervilliers, abrite les ateliers de préparation des cercueils et des catafalques, tandis que la seconde, rue Curial, sert de garage pour 80 corbillards et 300 chevaux. Après 1905, le service devient municipal suite à la séparation des Églises et de l’État. Pendant les guerres (1939-1945, Indochine, Algérie), le bâtiment accueille exceptionnellement les corps rapatriés pour identification par les familles.
L’activité décline après la fin du monopole municipal en 1993 et cesse en 1997. Classé monument historique en 1997 pour ses façades, toitures et halles, le site est réhabilité entre 2003 et 2008 par les architectes Marc Iseppi et Jacques Pajot. Il rouvre en 2008 sous le nom de Centquatre-Paris, un établissement culturel public mêlant résidences d’artistes, expositions et événements. Les anciennes écuries, transformées en espaces modulables, accueillent salons et défilés, tandis que les halles abritent désormais des plateaux de création artistique.
Le projet initial vise à désenclaver le quartier et à créer un pôle artistique accessible, mais rencontre des critiques pour son manque de public et son coût élevé (8 millions d’euros de subvention annuelle). Sous la direction de José-Manuel Gonçalvès à partir de 2010, puis de Valérie Senghor depuis 2025, le Centquatre s’impose progressivement comme un lieu hybride, combinant art contemporain, événements grand public et mémoire industrielle du site.
Architecturalement, le bâtiment conserve sa structure d’origine : verrières, cours anglaises, et façades fermées sur les rues, créant un contraste entre l’austérité extérieure et l’ouverture intérieure. Son inscription au titre des monuments historiques souligne son importance patrimoniale, à la fois comme témoignage de l’histoire funéraire parisienne et comme exemple précoce d’architecture fonctionnaliste en France.