Frise chronologique
Ier siècle (époque julio-claudienne)
Construction du pont
Construction du pont
Ier siècle (époque julio-claudienne) (≈ 150)
Pont romain sur la Via Domitia
1299
Fin de l'usage régulier
Fin de l'usage régulier
1299 (≈ 1299)
Démantèlement partiel au Moyen Âge
1745
Destruction de la 6e arche
Destruction de la 6e arche
1745 (≈ 1745)
Crue du Vidourle selon Prion
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des MH en France
1933
Effondrement de la 4e arche
Effondrement de la 4e arche
1933 (≈ 1933)
Crue du Vidourle, pile affaiblie
1983
Récupération des moellons
Récupération des moellons
1983 (≈ 1983)
Fouilles archéologiques Bessac/Fiches
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le pont (également sur commune de Villetelle, dans l'Hérault) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Anne de Rulman - Avocat au présidial de Nîmes |
Commande un dessin du pont (1620) |
| Pierre Prion - Chroniqueur local (XVIIIe) |
Décrit l’effondrement de 1745 |
| Gustave Courbet - Peintre (XIXe siècle) |
Auteur d’un tableau du pont (1857) |
| Jean-Claude Bessac - Archéologue |
Dirige les fouilles de 1983 |
| Jean-Luc Fiches - Archéologue |
Collabore aux fouilles de 1983 |
Origine et histoire
Le pont Ambroix, aussi appelé pont d'Ambrussum, est un ouvrage romain construit au Ier siècle (époque julio-claudienne) pour franchir le Vidourle sur la Via Domitia, principale voie romaine de la Narbonnaise reliant l'Italie à l'Espagne. Il se situe à la limite des communes de Gallargues-le-Montueux (Gard) et Villetelle (Hérault), près de l’oppidum gaulois d’Ambrussum. À l’origine long de 180 mètres avec onze arches, il n’en subsiste aujourd’hui qu’une seule, la cinquième, après des destructions successives causées par les crues du Vidourle et des démolitions médiévales.
Le pont a été utilisé jusqu’en 1299, puis partiellement démantelé au Moyen Âge pour rediriger le trafic vers le pont de Lunel, doté d’un péage. Les archives révèlent qu’en 1745, une inondation emporta la sixième arche, et qu’en 1933, une crue détruisit la quatrième, dont les moellons furent récupérés en 1983 par des archéologues (J.-C. Bessac et J.-L. Fiches) en vue d’une reconstruction hypothétique. Classé monument historique dès 1840, il fait partie du site archéologique d’Ambrussum, à proximité de l’autoroute La Languedocienne.
Construit en grands blocs de pierre assemblés sans mortier, avec des agrafes en bronze scellées au plomb, le pont illustre les techniques romaines de génie civil. Ses arches en plein cintre et ses avant-becs (désormais disparus) visaient à résister aux crues, mais leur taille modeste a contribué à sa fragilité. Le tableau Le Pont d’Ambrussum (1857) de Gustave Courbet et un dessin du XVIIe siècle témoignent de son évolution morphologique au fil des siècles.
Le site, aujourd’hui touristique, permet d’observer les vestiges de la cinquième arche (10 mètres de portée), ainsi que les piles restantes. Les fouilles et études archéologiques ont confirmé son rôle clé dans le réseau viaire antique, reliant Nîmes à Montpellier et desservant l’oppidum d’Ambrussum. Les matériaux récupérés en 1983, stockés sur la rive gauche, attendent une éventuelle restauration.
Le pont est propriété des communes de Gallargues-le-Montueux et Villetelle. Son classement précoce (1840) souligne son importance patrimoniale, tandis que sa proximité avec l’autoroute A9 (sortie Gallargues) en fait un lieu accessible aux visiteurs intéressés par l’histoire romaine en Occitanie.