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Pont ancien sur le ravin du Buès, dit Pont romain (également sur commune de Ganagobie) à Lurs dans les Alpes-de-Haute-Provence

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Pont Pont romain

Pont ancien sur le ravin du Buès, dit Pont romain (également sur commune de Ganagobie)

  • R.N. 100
  • 04700 Lurs
Pont romain de Lurs
Pont ancien sur le ravin du Buès, dit Pont romain également sur commune de Ganagobie
Pont ancien sur le ravin du Buès, dit Pont romain également sur commune de Ganagobie
Pont ancien sur le ravin du Buès, dit Pont romain également sur commune de Ganagobie
Pont ancien sur le ravin du Buès, dit Pont romain également sur commune de Ganagobie
Pont ancien sur le ravin du Buès, dit Pont romain également sur commune de Ganagobie
Pont ancien sur le ravin du Buès, dit Pont romain également sur commune de Ganagobie
Pont ancien sur le ravin du Buès, dit Pont romain également sur commune de Ganagobie
Crédit photo : Fr.Latreille - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
04700 Lurs, R.N. 100

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
1900
2000
Début du IIᵉ siècle (121-145)
Construction du pont
Milieu du XIXe siècle (vers 1850)
Abandon du pont
1963
Redécouverte et classement
1er octobre 1963
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Pont ancien sur le ravin du Buès, dit Pont romain : classement par arrêté du 1er octobre 1963

Personnages clés

Hadrien - Empereur romain (117-138) Ordonna des améliorations routières en Gaule
Antonin le Pieux - Empereur romain (138-161) Poursuivit les travaux sur la voie Domitienne
Guy Barruol - Historien et archéologue Redécouvrit le pont en 1963

Origine et histoire du Pont romain

Le pont dit « romain de Lurs » ou « de Ganagobie » est un ouvrage en maçonnerie construit pour franchir le ravin du Buès, un torrent violent coupant régulièrement la voie Domitienne. Ce pont, parmi les plus anciens de France, permettait à cette voie antique de relier Segustero (Sisteron) à Alaunium (Lurs), évitant ainsi un marécage formé par la confluence du Buès et de la Durance. Son tracé dévié de 300 mètres par rapport à la vallée reflète l’adaptation des ingénieurs romains aux contraintes géographiques.

La construction du pont est datée du début du IIe siècle, entre les règnes d’Hadrien (121-122) et d’Antonin le Pieux (141-145). Hadrien, lors de sa visite en Gaule, avait ordonné des améliorations du réseau routier, tandis qu’Antonin le Pieux poursuivit ces travaux, comme en témoignent les milliaires découverts en Provence et Languedoc. Le pont, fondé sur des blocs de calcaire de Ganagobie, présente une arche en plein cintre appareillée en double rouleau, caractéristique des ouvrages romains de l’époque. Des voies d’accès en corniche furent creusées pour faciliter son intégration au paysage.

Utilisé jusqu’au XIXe siècle par la route royale (future RN96), le pont fut abandonné après la construction d’un remblai en 1850. Redécouvert en 1963 par l’historien Guy Barruol, il fut alors identifié comme un vestige antique et classé monument historique la même année. Sa structure, bien que partiellement restaurée (tablier, parapets, partie supérieure des façades), conserve des éléments originaux, comme un phallus gravé sur une culée, symbole soit de force des carriers, soit de protection apotropaïque.

Avec une longueur de 30 mètres, une largeur de 6 mètres et une hauteur de 10 mètres, le pont illustre la durabilité des techniques romaines. Son arche unique, d’une ouverture de 7,8 mètres et d’un rayon de 3,9 mètres, repose sur des culées protégées par des murs en amont et en aval. Les matériaux utilisés, calcaire de Ganagobie et de Saint-Donat, ainsi que la régularité de l’appareil, confirment son origine antique. Aujourd’hui, il sert de route secondaire d’accès à Lurs, tout en restant un témoignage majeur du patrimoine routier romain en Provence.

Le pont est également marqué par des réinterprétations au fil des siècles, comme son ancien nom « pont de la Mort de l’Homme », évoquant peut-être des légendes locales. Son classement en 1963 a permis sa préservation, soulignant son importance historique et architecturale. Les études de Guy Barruol, publiées dans Gallia (1963), et les travaux ultérieurs, comme ceux de Philippe Auran, ont contribué à documenter son rôle dans le réseau viaire antique et son évolution jusqu’à l’époque moderne.

Liens externes

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