Construction du pont romain initial IIIᵉ siècle (vers 220-270) (≈ 245)
Fondation probable par les Volques Tectosages.
1906
Installation d’une turbine hydroélectrique
Installation d’une turbine hydroélectrique 1906 (≈ 1906)
Par Louis Abram dans un moulin accolé.
19 avril 1974
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 19 avril 1974 (≈ 1974)
Protection officielle de l’État français.
2023
Lauréat du Loto du Patrimoine
Lauréat du Loto du Patrimoine 2023 (≈ 2023)
Financement pour restauration et étanchéité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pont-aqueduc sur l'Agly : classement par arrêté du 19 avril 1974
Personnages clés
Juliette Freyche - Historienne
Hypothèse d’un aqueduc pour villa romaine.
Louis Abram - Ingénieur
Installation turbine hydroélectrique en 1906.
Louis Companyo - Auteur local
Décrit l’impact agricole du pont.
Origine et histoire du Pont-aqueduc
Le pont-aqueduc d'Ansignan, situé dans les Pyrénées-Orientales, est un ouvrage hybride construit sur les bases d’un pont romain datant peut-être du IIIe siècle (entre 220 et 270). À l’origine, il s’agissait probablement d’un aqueduc ou d’un pont-siphon destiné à irriguer les terres d’une villa romaine, selon les hypothèses de Juliette Freyche. Les Volques Tectosages, peuple gaulois romanisé, pourraient avoir participé à sa construction initiale, bien que cette attribution reste incertaine. La voie romaine associée est en revanche bien attestée, complétée par un second pont en aval pour franchir la Désix, affluent de l’Agly.
Durant le Moyen Âge, l’ouvrage fut transformé au IXe siècle en aqueduc superposé au pont existant, créant un passage voûté en tunnel pour les piétons. Des remaniements majeurs eurent lieu aux XIIIe et XIVe siècles, allongeant la structure jusqu’à ses 170 mètres actuels, avec 29 arches de tailles variables. Les deux plus grandes enjambent l’Agly, tandis que des ouvertures latérales éclairent le passage inférieur. Aucune preuve archéologique ne confirme cependant l’usage exact ou les motivations de ces transformations successives.
L’aqueduc, toujours fonctionnel, capte les eaux de la montagne Serre de Verges via un canal soutenu par des arcades, puis les achemine vers les cultures de la rive opposée. En 1906, Louis Abram y installa une turbine hydroélectrique dans un moulin accolé, détruit lors des restaurations des années 1970. Classé Monument Historique en 1974, le pont-aqueduc a bénéficié en 2023 d’un financement via le Loto du Patrimoine pour des travaux d’étanchéité et de consolidation.
Les légendes locales attribuent sa construction à des moines, aux Templiers, ou même à des croisés de Hugues Capet ramenant des plans babyloniens. Certaines théories fantaisistes y voient un calendrier solaire gaulois ou un lien avec les jardins suspendus de Babylone. Louis Companyo soulignait son rôle clé dans la fertilité des terres environnantes, contrastant avec l’aridité régionale, grâce à l’irrigation permise par l’ouvrage.
Architecturalement, le pont-aqueduc se distingue par sa double fonction (passage piéton et adduction d’eau) et ses éperons triangulaires protégeant les piles dans le lit de l’Agly. Le passage intérieur, voûté en berceau, est éclairé par des baies latérales. Malgré son apparence irrégulière, fruit de siècles de modifications, il reste un témoignage rare des techniques hydrauliques romaines et médiévales adaptées aux besoins locaux.