Frise chronologique
vers 110 ap. J.-C.
Construction sous Trajan
Construction sous Trajan
vers 110 ap. J.-C. (≈ 100)
Datation par dendrochronologie (coffrages en bois).
1887
Découverte de la Pierre de Chagnon
Découverte de la Pierre de Chagnon
1887 (≈ 1887)
Inscription hadrienne protégeant l’aqueduc.
1991
Classement des vestiges de Jurieux
Classement des vestiges de Jurieux
1991 (≈ 1991)
Inscription au titre des monuments historiques.
2018
Sélection au Loto du Patrimoine
Sélection au Loto du Patrimoine
2018 (≈ 2018)
Restauration et mise en valeur.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pont-aqueduc dit le Pont de Jurieux (vestiges) (cad. E 372) : inscription par arrêté du 18 février 1991
Personnages clés
| Trajan - Empereur romain (98–117 ap. J.-C.) |
Règne durant la construction de l’aqueduc. |
| Hadrien - Empereur romain (117–138 ap. J.-C.) |
Auteur d’un édit protégeant l’ouvrage. |
| Germain de Montauzan - Archéologue (XXe siècle) |
Auteur d’une thèse fondatrice (1908). |
| Paul de Gasparin - Ingénieur (XIXe siècle) |
Cartographie l’aqueduc en 1834. |
Origine et histoire
Le pont-aqueduc de Jurieux fait partie de l’aqueduc du Gier, l’un des quatre aqueducs antiques desservant Lugdunum (Lyon). Avec ses 86 km, il est le plus long et le mieux conservé. Construit probablement sous Trajan (vers 110 ap. J.-C.), son tracé suit le relief depuis Saint-Chamond (Loire) jusqu’à Lyon, traversant le Rhône. Les vestiges de Jurieux, classés en 1991, sont parmi les rares ponts complets encore visibles.
La datation de l’aqueduc a fait débat : initialement attribuée à Claude ou Auguste, des découvertes comme la Pierre de Chagnon (1887) évoquant Hadrien, ou des coffrages en bois datés de 110 (règne de Trajan) ont affiné les hypothèses. L’inscription de Chagnon, similaire à celle de la Pierre du Rieu (1996), interdit labours et plantations près de l’ouvrage, reprenant une loi augustéenne. Ces textes confirment son importance stratégique pour Lugdunum.
L’aqueduc utilise des techniques romaines variées : ponts-siphons (comme celui de Beaunant, classé en 1875), tunnels (ex. : 825 m à Mornant), et regards de visite. Le pont de Jurieux, unique section intacte, illustre cette ingénierie. Des restaurations récentes (2009–2018) ont préservé ses arches, tandis que des fouilles ont révélé des piles et des parements en opus reticulatum, rares en France.
Les études historiques débutent dès le XVIe siècle avec des érudits lyonnais comme Pierre Sala ou Guillaume du Choul. Au XIXe siècle, Paul de Gasparin et Germain de Montauzan cartographient l’ouvrage, tandis que des protections successives (1912, 1930, 1986) soulignent sa valeur patrimoniale. Aujourd’hui, l’aqueduc bénéficie du Loto du Patrimoine (2018) et reste un témoignage majeur de l’ingénierie romaine en Gaule.