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Pont-aqueduc dit le Pont de Virieux (vestiges) dans le Rhône

Pont-aqueduc dit le Pont de Virieux (vestiges)

    375 chemin de chez Virieux
    69440 Chabanière
Crédit photo : Pimo69 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
1800
1900
2000
Iᵉʳ-IIᵉ siècle apr. J.-C.
Construction de l'aqueduc du Gier
110 apr. J.-C.
Datation des coffrages en bois
1887
Découverte de la pierre de Chagnon
1991
Classement des vestiges de Virieux
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Pont-aqueduc dit le Pont de Virieux (vestiges) (cad. E 62, 63) : inscription par arrêté du 18 février 1991

Personnages clés

Trajan - Empereur romain (98-117 apr. J.-C.) Règne durant la construction probable
Hadrien - Empereur romain (117-138 apr. J.-C.) Édit de protection de l’aqueduc
Germain de Montauzan - Archéologue (XXᵉ siècle) Thèse fondatrice sur l’aqueduc (1908)
Paul de Gasparin - Ingénieur (XIXᵉ siècle) Cartographie complète en 1834

Origine et histoire

Le pont-aqueduc de Virieux, situé à Chabanière (Rhône), est un vestige de l’aqueduc du Gier, l’un des quatre aqueducs antiques alimentant Lugdunum (Lyon). Long de 86 km, cet ouvrage exceptionnel, construit entre l’époque augustéenne et le règne d’Hadrien (Ier-IIe siècle), puisait ses eaux dans la rivière Gier pour les acheminer vers la capitale des Gaules. Son tracé, étudié depuis le XVIe siècle, révèle des techniques romaines avancées, dont des siphons et des ponts-aqueducs.

La datation précise du pont de Virieux reste débattue. Des découvertes archéologiques, comme la « pierre de Chagnon » (1887) portant un édit d’Hadrien, ou des coffrages en bois datés de 110 apr. J.-C. (règne de Trajan), suggèrent une construction entre la fin du Ier et le début du IIe siècle. L’aqueduc, classé Monument Historique dès 1875 pour certains tronçons, témoigne de l’importance stratégique de l’eau pour Lyon antique, avec des vestiges encore visibles aujourd’hui.

Les vestiges du pont de Virieux, inscrits en 1991, s’intègrent dans un réseau plus large incluant des ponts-siphons (comme celui de Beaunant) et des réservoirs. L’ouvrage, étudié par des érudits dès la Renaissance (Pierre Sala, Symphorien Champier), a fait l’objet de restaurations récentes, notamment à Chaponost (2009-2010). Son architecture, combinant opus reticulatum et briques, reflète le savoir-faire romain en hydraulique.

L’aqueduc du Gier, avec ses 15 000 m3/jour estimés, était vital pour Lugdunum, ville de 50 000 à 80 000 habitants. Sa protection était réglementée par des bornes interdisant labours ou constructions à proximité, comme l’atteste l’inscription de la « pierre de Chagnon ». Aujourd’hui, ses vestiges, dont ceux de Virieux, offrent un témoignage unique de l’ingénierie antique en France.

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