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Pont Boutiron dans l'Allier

Pont Boutiron

    Pont Boutiron
    03300 Charmeil
Propriété du département
Pont Boutiron
Pont Boutiron
Pont Boutiron
Pont Boutiron
Pont Boutiron
Pont Boutiron
Pont Boutiron
Pont Boutiron
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Pont Boutiron
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Pont Boutiron
Pont Boutiron
Pont Boutiron
Pont Boutiron
Pont Boutiron
Pont Boutiron
Pont Boutiron
Crédit photo : Mohatatou - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1854
Premier pont emporté
1857
Pont suspendu en bois
1911-1912
Pont du Veurdre
1912-1913
Construction du pont Boutiron
1913
Crue pendant les travaux
2012
Travaux de renforcement
1er octobre 2021
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le pont Boutiron situé sur la RD 27, non cadastré : inscription par arrêté du 1er octobre 2021

Personnages clés

Eugène Freyssinet - Ingénieur concepteur Invente les articulations Freyssinet pour ce pont.
François Mercier - Entrepreneur Propose le projet au département de l’Allier.

Origine et histoire

Le pont Boutiron, ou pont de Boutiron, est un pont routier en béton armé sur l’Allier, inauguré en 1913. Situé en aval de Vichy, il relie les communes de Creuzier-le-Vieux (rive droite) et Charmeil (rive gauche) via la RD 27. Ce pont marque une innovation majeure : Eugène Freyssinet y applique pour la première fois ses articulations Freyssinet, des sections frettées en béton permettant une légère rotation des arcs. Il est inscrit aux Monuments historiques depuis 2021.

La construction du pont Boutiron (1912-1913) suit celle du pont du Veurdre (1911-1912), où Freyssinet avait observé les effets du fluage du béton, un phénomène alors méconnu. Pour Boutiron, il adapte sa conception en ajoutant des sections rétrécies à la naissance des arcs, permettant une rotation plastique du béton. Pendant les travaux, une crue de l’Allier teste la résistance de l’ouvrage en cours : les cintres, déformés par la violence du courant, reprennent leur forme initiale après intervention de Freyssinet, confirmant la plasticité du matériau.

Le pont Boutiron s’inscrit dans un projet plus large porté par l’entrepreneur François Mercier et le Conseil général de l’Allier. Après avoir découvert la maquette du pont chez Freyssinet, Mercier propose de remplacer trois ponts suspendus problématiques sur l’Allier par des ouvrages en béton armé, au prix d’un seul pont. Le marché est conclu, et Freyssinet supervise les travaux. Le pont, toujours en service aujourd’hui, illustre l’économie de matériaux et la durabilité du béton armé : ses garde-corps d’origine, ajourés en forme de V, sont intacts après un siècle.

En 2012, des travaux de renforcement des piliers (315 000 €) sont menés pour préserver l’ouvrage. En 2021, des portiques sont installés pour empêcher le passage des camions de plus de 3,5 tonnes, interdits depuis longtemps. Malgré ces contraintes, le pont reste un témoignage exceptionnel des débuts du béton armé et de l’ingénierie innovante d’Eugène Freyssinet.

Avant le pont Boutiron, un premier ouvrage en 1854, emporté par une crue de l’Allier, avait été remplacé en 1857 par un pont suspendu à tablier en bois. Ce dernier servit jusqu’à la construction du pont actuel. Le site de Boutiron, stratégique pour traverser l’Allier, avait auparavant abrité un bac. Le pont Boutiron, avec ses trois arches inégales (67 m - 72 m - 67 m), repose sur deux piles et deux culées, et son tablier fut décintré par vérinage des clés, une technique maîtrisée par Freyssinet après l’expérience du pont du Veurdre.

Liens externes