Frise chronologique
1889
Déclaration d'utilité publique
Déclaration d'utilité publique
1889 (≈ 1889)
Coût estimé à 6,5 millions de francs.
25 novembre 1890
Approbation du projet métallique
Approbation du projet métallique
25 novembre 1890 (≈ 1890)
15 travées de 40 mètres approuvées.
1890-1896
Construction par Eiffel et Daydé & Pillé
Construction par Eiffel et Daydé & Pillé
1890-1896 (≈ 1893)
Fondations et cuvette métallique réalisées.
1895
Installation de l'éclairage électrique
Installation de l'éclairage électrique
1895 (≈ 1895)
Innovation rare pour l'époque.
16 septembre 1896
Inauguration discrète
Inauguration discrète
16 septembre 1896 (≈ 1896)
Premier passage du bateau *Aristide*.
12 mai 1976
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
12 mai 1976 (≈ 1976)
Inscription à l'inventaire supplémentaire.
2003
Perte du record mondial
Perte du record mondial
2003 (≈ 2003)
Dépassé par le pont-canal de Magdebourg (918 m).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pont-canal sur la Loire (cad. non cadastré) : inscription par arrêté du 12 mai 1976
Personnages clés
| Léonce-Abel Mazoyer - Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées |
Concepteur principal du pont-canal. |
| Gustave Eiffel - Entrepreneur (fondations et maçonnerie) |
Responsable des piles et culées (1890-1896). |
| Charles Sigault - Ingénieur collaborateur |
Associé à Mazoyer pour la conception. |
| Pierre Moreau - Ingénieur collaborateur |
Participation à la planification technique. |
| Ernest Guingamp - Propriétaire du bateau *Aristide* |
Réalisa la première traversée inaugurale. |
Origine et histoire
Le pont-canal de Briare est un ouvrage métallique conçu pour permettre au canal latéral à la Loire de franchir le fleuve sans les risques liés à la traversée directe. Avant sa construction, les bateaux devaient emprunter un chenal endigué de Mantelot, long d’un kilomètre, soumis aux crues, étiages et courants dangereux. Ce passage, entre les écluses de Mantelot et des Combles, était pénible et motivait la recherche d’une solution plus sûre.
Un premier projet de pont-canal en maçonnerie fut envisagé dès 1827 lors de la construction du canal latéral, mais abandonné en raison des risques de barrage en cas de crue. Il fallut attendre les progrès de la métallurgie, notamment l’acier doux, pour concevoir un pont-canal métallique offrant une large ouverture. Le site de Briare fut choisi pour sa déclivité favorable, permettant un gain de hauteur libre.
Le projet, déclaré d’utilité publique en 1889 pour un coût de 6,5 millions de francs, fut confié aux ingénieurs Léonce-Abel Mazoyer, Charles Sigault et Pierre Moreau. Mazoyer supervisait la modernisation du réseau fluvial Roanne-Briare, incluant ce pont-canal. Gustave Eiffel réalisa les fondations et la maçonnerie (1890-1896), tandis que Daydé & Pillé construisit la cuvette métallique. Inauguré discrètement le 16 septembre 1896, il devint le plus long pont-canal métallique du monde (662 m) jusqu’en 2003.
L’ouvrage, entièrement métallique, repose sur 14 piles en pierre délimitant 15 travées de 37 mètres. Il est bordé de trottoirs, lampadaires et colonnes rostrales ornées, évoquant le pont Alexandre-III. Les éléments décoratifs, comme les rostres et chimères, proviennent des fonderies Magnard (Fourchambault) et L. Gasne (Tusey). Le canal, large de 6 mètres, permet un tirant d’eau de 1,80 mètre.
Le pont-canal franchit non seulement la Loire, mais aussi l’ancien canal latéral de 1838 et la Trézée, via un dernier pont-canal en maçonnerie. Son construction s’accompagna d’un bief de 14 km reliant les canaux à la Cognardière. Classé Monument Historique en 1976, il symbolise l’ingénierie fluviale française et apparaît dans des œuvres comme la série Karatekas and Co (1973) ou un timbre postal de 1990.
Les défis techniques, comme l’éclairage électrique pionnier (1895) ou l’utilisation de l’acier, firent de cet ouvrage une référence. Les Briarois, craignant des inondations, l’accueillirent avec méfiance, bien que les pluies récentes aient pu biaiser leurs observations. Aujourd’hui, il reste un témoignage majeur du patrimoine industriel et fluvial de la région Centre-Val de Loire.