Début des travaux 1833 (≈ 1833)
Lancement du projet par Camille Bailloud.
1839
Fin de la construction
Fin de la construction 1839 (≈ 1839)
Achèvement du pont-canal en maçonnerie.
1842
Reconnaissance technique
Reconnaissance technique 1842 (≈ 1842)
Jugé « ouvrage le plus étanche » par Flachat.
1914-1918
Apogée durant la Grande Guerre
Apogée durant la Grande Guerre 1914-1918 (≈ 1916)
Utilisation intensive du canal.
1956
Fermeture du canal
Fermeture du canal 1956 (≈ 1956)
Fin de la navigation commerciale.
2009
Classement monument historique
Classement monument historique 2009 (≈ 2009)
Inscription par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le pont-canal franchissant la Sauldre avec sa cuvette, ses chemins de halage, ses escaliers en pierre permettant l'accès à la Sauldre, ainsi que les sols d'emprise, en totalité (cad. Châtillon-sur-Cher B 2667 à 2669, lieudit la Cave ; Selles-sur-cher A 1967 à 1969, 1971, 1983, lieudit le Bois des Bancs) : inscription par arrêté du 16 octobre 2009
Personnages clés
Camille Bailloud - Ingénieur en chef
Concepteur et directeur des travaux.
Eugène Flachat - Ingénieur expert
A validé l’étanchéité exceptionnelle en 1842.
Origine et histoire du Pont-canal
Le pont-canal sur la Sauldre, situé à cheval sur Châtillon-sur-Cher et Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher), fut construit entre 1833 et 1839 sous la direction de l'ingénieur Camille Bailloud. Dernier pont-canal érigé pour le canal de Berry, il permettait à cette voie navigable de franchir la Sauldre. Deux projets furent proposés en 1833 : un ouvrage en fonte ou en maçonnerie. Le choix se porta sur une structure en pierre locale, avec cinq arches en plein cintre de sept mètres d’ouverture, jugée plus durable.
La construction utilisa des pierres de qualité régionale et des mortiers réputés pour leur étanchéité, faisant de cet ouvrage le plus performant du canal selon l’ingénieur Eugène Flachat en 1842. Le tracé de la Sauldre fut légèrement modifié pour accommoder le pont, comme l’atteste le cadastre napoléonien. Long de 64,40 mètres et large de 6,20 mètres (dont 3 mètres pour la voie d’eau), il inclut des chemins de halage de 1,60 mètre, toujours visibles aujourd’hui.
Inauguré pour faciliter le transport de minerais, charbon et matériaux de construction, le pont-canal connut son apogée durant la Première Guerre mondiale. Cependant, la concurrence du rail dans l’entre-deux-guerres entraîna son déclin progressif, jusqu’à la fermeture définitive du canal de Berry en 1956. Contrairement à d’autres ouvrages similaires, ce pont n’a jamais été rénové, préservant ainsi son état d’origine. Il fut inscrit aux monuments historiques en 2009 pour son intérêt patrimonial et technique.
Le canal de Berry, dont ce pont-canal est un élément clé, joua un rôle économique majeur au XIXe siècle en reliant les vallées du Cher, de l’Auron et de l’Aubois. Il favorisa l’implantation d’usines locales (chaux, ciment, tuileries) en facilitant l’acheminement des matières premières. Aujourd’hui, le site, propriété des communes, offre un témoignage intact des techniques de construction fluviale de l’époque industrielle.