Frise chronologique
1700
Projet initial de Vauban
Projet initial de Vauban
1700 (≈ 1700)
Nouveau projet de fortification incluant un pont.
1708
Premier ponceau en bois
Premier ponceau en bois
1708 (≈ 1708)
Construction temporaire pendant la guerre.
1729-1731
Construction du pont en pierre
Construction du pont en pierre
1729-1731 (≈ 1730)
Arche unique montée sur cintre en bois.
24 août 1730
Clavage de la voûte
Clavage de la voûte
24 août 1730 (≈ 1730)
Achèvement de l’arche en 127 jours.
1734
Inauguration du pont
Inauguration du pont
1734 (≈ 1734)
Célébrations et mise en service.
5 décembre 1988
Classement monument historique
Classement monument historique
5 décembre 1988 (≈ 1988)
Protection officielle par l’État français.
7 juillet 2008
Classement UNESCO
Classement UNESCO
7 juillet 2008 (≈ 2008)
Intégration au patrimoine mondial.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le pont (cad. non cadastré, domaine public) : classement par arrêté du 5 décembre 1988
Personnages clés
| Sébastien Le Prestre de Vauban - Ingénieur militaire |
Auteur du projet initial en 1700. |
| Marquis d'Asfeld - Directeur des fortifications |
Commanditaire du pont en pierre. |
| Jean-Louis d'Heuriance - Ingénieur militaire |
Supervisa la construction et rédigea un mémoire. |
Origine et histoire
Le pont d'Asfeld est un ouvrage stratégique conçu pour relier Briançon au fort des Têtes, situé dans les Hautes-Alpes. Sa construction a été motivée par les projets de fortification de Vauban, qui, lors de sa visite en 1700, avait souligné la nécessité d’un pont sur la Durance pour sécuriser les communications militaires. Initialement prévu comme un simple ponceau en bois en 1708, il fut remplacé par une structure en maçonnerie sous l’impulsion du marquis d’Asfeld, successeur de Vauban.
Les travaux débutèrent en 1729 après la création d’un chemin d’accès taillé dans le roc. L’ingénieur Heuriance, chargé du projet, releva des défis techniques majeurs, notamment l’absence de pile centrale en raison de la hauteur des gorges. L’arche unique, d’une portée de 38,60 mètres, fut montée sur un cintre en bois entre avril et août 1730, nécessitant plus de 2 000 blocs de pierre. Le tablier fut achevé en 1731, et le pont, inauguré en 1734, devint un symbole de prouesse architecturale.
Classé monument historique en 1988 et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, le pont d’Asfeld illustre l’ingéniosité des ingénieurs militaires du XVIIIe siècle. Surnommé « pont du Diable » par les locaux, il servait aussi à la défense, avec un mur et un corps de garde côté fort des Têtes. Aujourd’hui, il attire les touristes pour son panorama et ses activités comme le saut à l’élastique.
Vauban avait insisté sur l’importance stratégique de Briançon après le rasement de Pignerol, proposant un réseau de fortifications incluant ce pont. Le marquis d’Asfeld, directeur des fortifications, concrétisa ce projet en optant pour une solution audacieuse : une voûte en pierre sans appui intermédiaire. Les techniques employées, comme le minage du rocher et l’utilisation de coffres anti-éclats, témoignent des innovations de l’époque.
Le mémoire de l’ingénieur Heuriance, daté de 1742, souligne l’admiration suscitée par cet ouvrage, construit dans des conditions périlleuses sans aucun accident. Le pont, initialement appelé « pont de la Communication », fut rapidement associé au nom d’Asfeld. Son rôle défensif était complété par des aménagements comme une redoute sur le mont de Salette, renforçant la protection de Briançon.