Passage supposé de Jeanne d'Arc 1429 (≈ 1429)
Tradition locale non vérifiée.
XIIIe–XVe siècle
Construction estimée
Construction estimée XIIIe–XVe siècle (≈ 1550)
Période probable d'édification du pont.
24 octobre 1927
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques 24 octobre 1927 (≈ 1927)
Protection des vestiges restants.
1989
Découverte d'un gué en aval
Découverte d'un gué en aval 1989 (≈ 1989)
Par prospection aérienne.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pont du XVe siècle sur l'Indre (vestiges) : inscription par arrêté du 24 octobre 1927
Personnages clés
Jeanne d'Arc - Figure historique
Passage légendaire en 1429.
François de Belleforest - Cartographe
A représenté le pont en 1575.
Origine et histoire du Pont de l'Isle Auger
Le pont de l'Isle Auger, situé à Chambourg-sur-Indre en Indre-et-Loire, est un ouvrage médiéval dont la construction est estimée entre le XIIIe et le XVe siècle. Il franchissait l'Indre à proximité d’un gué antique, utilisé depuis l’époque romaine pour traverser la rivière via une voie reliant Loches à Tours. Bien que souvent qualifié à tort de « pont romain » en raison de sa proximité avec ce gué, son appellation Insula Ogeris n’apparaît dans les textes qu’au début du XIIIe siècle. Son édification répondait probablement à la nécessité de remplacer les gués rendus impraticables par la montée des eaux de l’Indre, causée par les barrages des moulins médiévaux installés sur la rivière.
Les vestiges actuels, inscrits aux monuments historiques depuis 1927, se limitent à deux arches non contiguës et quatre piles, dont certaines supportent encore des portions de voûtes gothiques. Le pont, large de 2,80 m et long à l’origine d’environ 60 m pour six arches, s’est partiellement effondré avant le XIXe siècle. Ses décombres ont servi à aménager un gué temporaire, devenu définitif après l’abandon des réparations. Le cadastre napoléonien le mentionne déjà comme une ruine, et une archive de 1883 évoque un contentieux lié à son droit de passage, peut-être lié au gué adjacent.
Une tradition locale, non vérifiée, associe le pont à Jeanne d’Arc, qui aurait emprunté cet itinéraire en 1429 pour rejoindre Chinon après sa victoire à Orléans. Cependant, son parcours exact entre Gien et Sainte-Catherine-de-Fierbois reste incertain. Le pont est représenté sur la carte de François de Belleforest (1575) et figure dans des sources comme un ouvrage stratégique, bien que son usage ait décliné au profit des passages à Loches et Azay-sur-Indre. Ses ruines, accessibles depuis la D25, témoignent des techniques de construction médiévales en grand et moyen appareil.
Aucune étude architecturale n’a permis de dater précisément le pont, mais sa construction semble liée à l’essor des moulins sur l’Indre au Moyen Âge. Les barrages de ces moulins, en élevant le niveau de la rivière, ont rendu les gués existants inutilisables, nécessitant la construction de ponts. Un gué non daté, révélé en 1989 en aval par prospection aérienne, confirme l’importance historique de ce point de franchissement. Aujourd’hui, les vestiges, propriété de la commune, sont réduits à des piles et arches partiellement ensevelies sous la végétation.