Mention sur un plan architectural 1730 (≈ 1730)
Décrit comme « pont anciennement bâti ».
XVIe–XVIIe siècle
Construction estimée du pont
Construction estimée du pont XVIe–XVIIe siècle (≈ 1750)
Période probable de construction du pont.
1753 et 1785
Travaux de réparation
Travaux de réparation 1753 et 1785 (≈ 1785)
Réparations attestées sur le pont.
13 juillet 1926
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques 13 juillet 1926 (≈ 1926)
Protection officielle du pont.
années 1970
Changement de circulation
Changement de circulation années 1970 (≈ 1970)
Passage en sens unique.
1985
Installation du navire métallique
Installation du navire métallique 1985 (≈ 1985)
Œuvre ajoutée lors d’un symposium.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pont de Moutier ou du Navire : inscription par arrêté du 13 juillet 1926
Personnages clés
Alexandre Bigay - Historien local
A étudié l’hypothèse d’un port ancien.
Origine et histoire du Pont de Moutier
Le pont du Navire, ou pont du Moûtier, est un ouvrage en pierre traversant la Durolle dans le quartier du Moûtier à Thiers. Construit entre le XVIe et le XVIIe siècle, il est l’un des plus anciens ponts de la ville avec le pont Vielh, le pont Saint-Jean et le pont de Seychalles. Son architecture massive, avec trois arches dissymétriques et des piles renforcées, reflète une conception robuste pour résister aux crues fréquentes de la rivière. Il est inscrit aux Monuments Historiques depuis 1926.
Le pont est également connu sous les noms de « pont Oschon » (signifiant « pont au chou » en auvergnat) ou « pont de Gironde », en référence aux champs de culture qui occupaient autrefois ce secteur avant son urbanisation au XXe siècle. À partir du XXe siècle, il est aussi surnommé « pont du Navire » en raison de la présence d’un navire métallique installé en 1985 lors d’un symposium de sculptures. Ce surnom évoque également une hypothétique activité de navigation ou de flottage sur la Durolle, bien que les preuves historiques restent limitées.
La construction du pont est datée entre le début du XVIe siècle et la première moitié du XVIIe siècle, car il n’apparaît pas sur un dessin de Thiers dans l’Armorial de Revel (milieu du XVe siècle), où le quartier du Moûtier est représenté avec un simple pont en bois. Un plan de 1730 le décrit comme un « pont anciennement bâti », confirmant cette période. Les matériaux utilisés, comme le granite bleu-gris et l’arkose jaunâtre pour les parties en contact avec l’eau, ainsi que les réparations visibles (1753, 1785), témoignent de son entretien régulier.
Le pont a joué un rôle symbolique et pratique pour Thiers, reliant les quartiers et facilitant le transport. Jusqu’aux années 1970, il supportait une circulation en double sens, régulée par des feux, avant de devenir à sens unique. Une passerelle piétonne en fer et bois a été ajoutée pour préserver le pont des passages pédestres. Son inscription en 1926 souligne son importance patrimoniale, tandis que son panorama sur la ville haute médiévale en fait un lieu apprécié des habitants.
Des tentatives de rendre la Durolle navigable entre le pont du Moûtier et la Dore sont attestées aux XVIIe siècle (1615–1678), avec des études en 1628 et 1666, et des fonds débloqués pour aménager un câble de halage. Cependant, le projet fut abandonné en raison de sa non-rentabilité et des difficultés d’entretien. Bien que certains historiens évoquent un possible port en aval (« viro barco » en patois) ou un flottage ancien du bois et des marchandises, aucune preuve définitive n’existe. La coutellerie, la tannerie et la papeterie de Thiers utilisaient plutôt les ports de la Dore à Peschadoires et Puy-Guillaume pour leurs exportations.