Origine et histoire du Pont de Quézac
Le pont de Quézac, situé dans les Gorges du Tarn, fut initié vers 1350 sous l’impulsion du pape Urbain V, originaire de la région. Son objectif était de faciliter l’accès à la collégiale de Quézac et à la Vierge noire, attirant les pèlerins. Le financement initial provenait du pape, mais les travaux, ralentis, nécessitèrent des appels aux dons via des bulles papales, comme celle de Benoît XIII en 1395. La construction s’acheva finalement au XVe siècle, après des décennies de quêtes et de contributions locales.
Au XVIIe siècle, le pont subit plusieurs effondrements partiels : la seconde voûte s’écroula en 1626, reconstruite en 1633, puis à nouveau en 1657, avant une réparation en 1659. Les plats des habitants de Quézac auprès des États du Gévaudan, en 1689 et 1691, témoignent de son état dégradé. Une inondation en 1705 endommagea gravement la structure, entraînant des réparations infructueuses jusqu’en 1725, marquées par des accidents et des procès contre des entrepreneurs défaillants.
La reconstruction définitive fut menée par l’ingénieur provincial De Clapier entre 1726 et 1738, avec des fondations ancrées dans le rocher. Une chapelle dédiée à saint Joseph, aujourd’hui disparue, fut ajoutée en 1739 sur la troisième pile. Le pont, classé monument historique en 1931, se distingue par ses six arches en plein cintre et ses avant-becs triangulaires, reflétant son architecture médiévale adaptée aux crues du Tarn.
Sa vocation première, liée au pèlerinage vers la Vierge noire de Quézac, en fit un ouvrage stratégique pour la dévotion locale. Les archives mentionnent des indulgences accordées au XIVe siècle pour financer sa construction, soulignant son importance religieuse et communautaire. Les réparations successives illustrent aussi les défis techniques posés par les crues récurrentes du Tarn, un fleuve aux débits imprévisibles.
Aujourd’hui, le pont de Quézac reste un témoignage remarquable de l’ingénierie médiévale et moderne, mêlant histoire religieuse, techniques de construction évolutives et résilience face aux éléments naturels. Son classement en 1931 consacre sa valeur patrimoniale, tant pour son rôle historique que pour son architecture caractéristique des ponts du Gévaudan.