Frise chronologique
1801-1804
Construction initiale
Construction initiale
1801-1804 (≈ 1803)
Premier pont métallique piéton de Paris en fonte.
1852
Modification structurelle
Modification structurelle
1852 (≈ 1852)
Deux arches remplacées par une seule côté rive gauche.
1975
Classement monument historique
Classement monument historique
1975 (≈ 1975)
Inscrit à l’inventaire des monuments historiques.
1979
Effondrement partiel
Effondrement partiel
1979 (≈ 1979)
Dû à une collision de barge pendant une crue.
1984
Reconstruction
Reconstruction
1984 (≈ 1984)
Pont actuel en acier inauguré par Jacques Chirac.
2015
Retrait des cadenas d’amour
Retrait des cadenas d’amour
2015 (≈ 2015)
Remplacement des garde-corps pour préserver la structure.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pont des Arts, entre le 1er et le 6ème arrondissement : inscription par arrêté du 17 mars 1975
Personnages clés
| Louis-Alexandre de Cessart - Ingénieur des ponts et chaussées |
A présenté le projet initial en 1801. |
| Jean-Baptiste Launay - Fondeur |
Fabriqua les fermes métalliques des arches. |
| Jacques Dillon - Ingénieur militaire |
Maîtrise d’œuvre de la construction (1803). |
| Louis Arretche - Architecte |
Reconstruit le pont en 1984 avec sept arches. |
| Jacques Chirac - Maire de Paris |
Inaugura les ponts de 1984 et 1992 (Nogent-sur-Marne). |
| Vercors - Écrivain |
Évoque le pont dans *La Marche à l’étoile* (1943). |
Origine et histoire
Le pont des Arts, initialement nommé passerelle des Arts, fut construit entre 1801 et 1804 sous le Premier Empire pour relier le palais du Louvre (alors appelé palais des Arts) au quai de Conti. Ce premier pont métallique parisien, conçu en fonte par la Compagnie des Trois Ponts, mesurait 157,50 mètres de long avec neuf arches. Son tablier léger, réservé aux piétons, était agrémenté d’orangers remisés l’hiver. Inauguré en 1803, il symbolisait aussi une volonté industrielle française de concurrencer la Grande-Bretagne en utilisant la fonte.
En 1852, l’élargissement du quai de Conti modifia sa structure : les deux arches côté rive gauche furent remplacées par une seule. Soumis à un péage jusqu’au XIXe siècle, le pont devint un lieu emblématique pour les artistes et les promeneurs. Fragilisé par les bombardements des deux guerres mondiales et des collisions de bateaux (notamment en 1961 et 1970), il s’effondra partiellement en 1979 après une crue. Démonté en 1980, une partie de ses arches fut réinstallée à Nogent-sur-Marne en 1992.
Reconstruit entre 1981 et 1984 par l’architecte Louis Arretche, le pont actuel conserve l’esprit du premier ouvrage mais avec sept arches en acier alignées sur celles du pont Neuf. Classé monument historique en 1975, il fut rénové en 2023 avec un platelage en bois exotique (bilinga) et des bancs neufs. Entre 2008 et 2015, ses garde-corps furent recouverts de cadenas d’amour, retirés en 2015 pour préserver sa structure. Aujourd’hui, il reste un lieu de passage et d’inspiration, célébré dans la littérature, la peinture et le cinéma.
Le pont des Arts a inspiré de nombreux artistes, comme Vercors dans La Marche à l’étoile (1943) ou Albert Camus dans La Chute (1956), où il sert de décor symbolique. En peinture, Renoir, Signac et Pissarro l’ont immortalisé. Au cinéma, il apparaît dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001) ou Insaisissables (2013). En 2024, il fut le cadre d’une performance d’Aya Nakamura lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques.
Son nom provient du palais des Arts, appellation révolutionnaire du Louvre. Situé entre l’Institut de France et le musée, il offre une vue panoramique sur l’île de la Cité, Notre-Dame et le musée d’Orsay. Accessible via les stations de métro Louvre-Rivoli ou Pont-Neuf, il incarne le lien entre patrimoine historique et vie culturelle parisienne.
Devenir actuel
Les parapets grillagés du pont des Arts ont été le support de nombreux « cadenas d'amour » accrochés par des couples. Cette pratique, apparue sur ce pont en 2008, s'est ensuite étendue à la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, au pont de l'Archevêché ainsi qu'à la passerelle Simone-de-Beauvoir.
Devant la polémique sur la dégradation du patrimoine engendrée par la présence de ces tonnes de cadenas, et leur aspect particulièrement inesthétique, la mairie de Paris a décidé d'y mettre fin en septembre 2014. Les grillages sont définitivement retirés le 1er juin 2015 et remplacés par des panneaux en verre.