Origine et histoire du Pont du Diable sur le Tech
Le pont du Diable, dit aussi Vieux Pont de Céret, est un pont en pierre à arche unique qui franchit le Tech à Céret (Pyrénées-Orientales, Occitanie). Daté du début du XIVe siècle, il a été construit de 1321 à 1341. Sa portée est de 45,45 m, l'une des plus grandes pour une arche de pierre au Moyen Âge, et la hauteur au sommet de l'arche atteint 22,30 m. Le pont a fait l'objet de réparations entre 1718 et 1762 : en 1718 la culée sud a été réparée ; de 1735 à 1741 le pavage a été refait, les fissures scellées, les murs de tête relevés et de nouveaux contreforts ajoutés ; en 1750 les murs de soutènement sur la rive gauche ont été refaits et en 1762 ceux de la rive droite. En 1793, le pont faillit être détruit par le général Dagobert pour gêner la route à l'armée espagnole, mais il fut sauvé grâce à l'intervention du conventionnel Joseph Cassanyes. Il est classé monument historique depuis 1840. Georges Sorel, alors ingénieur des ponts et chaussées à Perpignan, lui a consacré une étude historique et esthétique intitulée «Note sur le vieux pont de Céret», publiée en 1891 dans le bulletin de la Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales (vol. XXXII). Pendant une brève période, du terme de sa construction en 1341 à 1356, le pont a détenu le record mondial de la plus longue arche en pierre, avant d'être dépassé par le pont Scaliger en Italie. Le nom de «pont du Diable» apparaît chez plusieurs auteurs des XVIIIe et XIXe siècles et la tradition populaire lui attribue des interventions surnaturelles lors de sa construction. Jean-Aimar Piganiol de La Force, Victor Dujardin, Carles Bosch de la Trinxeria et Onésime Reclus rapportent des variantes de la légende : parfois le Diable aurait enlevé la pierre principale pendant la nuit, parfois il n'aurait pas eu le temps de poser la dernière pierre, parfois on lui attribue la construction en une seule nuit. Le pont a inspiré des artistes et des écrivains : le roman Céret noir de Gil Graff (2011) commence sous le pont, et des peintres tels que Paul Cézanne, Auguste Herbin et Vincent Bioulès l'ont représenté. Une scène du film Le Bossu d'André Hunebelle a également été tournée sur ce site. Le 24 juin 2013, l'artiste australienne Jodi Rose s'est mariée avec le pont du Diable. La construction, les réparations, les récits et les représentations artistiques confèrent au pont une place importante dans le patrimoine local et régional. Pour approfondir, des études et des ressources historiques et architecturales sont disponibles, notamment l'ouvrage d'Albert Salsas consacré à la construction du pont en 1321.