Frise chronologique
1321-1341
Construction initiale
Construction initiale
1321-1341 (≈ 1331)
Pont bâti avec une arche de 45,45 m, record médiéval.
1341-1356
Record mondial
Record mondial
1341-1356 (≈ 1349)
Plus longue arche en pierre avant le pont Scaliger.
1718-1762
Rénovations majeures
Rénovations majeures
1718-1762 (≈ 1740)
Réparations des culées, pavage et contreforts ajoutés.
1793
Sauvetage *in extremis*
Sauvetage *in extremis*
1793 (≈ 1793)
Épargné par Joseph Cassanyes face à Dagobert.
1840
Classement historique
Classement historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers monuments protégés en France.
2013
Mariage symbolique
Mariage symbolique
2013 (≈ 2013)
Cérémonie avec l’artiste Jodi Rose.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pont sur le Tech : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Joseph Cassanyes - Conventionnel |
Sauve le pont en 1793. |
| Jean-Aimar Piganiol de La Force - Auteur (XVIIIe s.) |
Mentionne la légende du Diable (1722). |
| Victor Dujardin - Voyageur-écrivain |
Documente la légende en 1890. |
| Jodi Rose - Artiste australienne |
« Épouse » le pont en 2013. |
| Georges Sorel - Ingénieur des ponts |
Étudie le pont en 1891. |
Origine et histoire
Le pont du Diable, aussi appelé Vieux Pont de Céret, est un ouvrage en pierre à arche unique construit entre 1321 et 1341. Avec une portée de 45,45 mètres et une hauteur de 22,30 mètres, il détient brièvement le record mondial de la plus longue arche en pierre (1341-1356), avant d’être dépassé par le pont Scaliger en Italie. Financé par la ville de Céret et les villages voisins, il subit des réparations majeures aux XVIIIe siècle, notamment en 1718 (culée sud), 1735-1741 (pavage, fissures, contreforts), et 1750-1762 (murs de soutènement). En 1793, il échappe de justesse à la destruction par le général Dagobert, sauvé in extremis par l’intervention du conventionnel Joseph Cassanyes.
La légende locale attribue sa construction au Diable, une croyance mentionnée dès le XVIIIe siècle par des auteurs comme Piganiol de La Force ou Victor Dujardin. Selon les versions, Satan aurait entravé les travaux en renversant les pierres la nuit, ou édifié le pont en une seule nuit. Ces récits, courants pour les ouvrages audacieux, reflètent l’admiration pour une prouesse technique médiévale. Classé monument historique dès 1840, le pont inspire aussi la culture : peint par Cézanne ou Bioulès, il apparaît au cinéma (Le Bossu, 1959) et même dans un mariage symbolique en 2013, quand une artiste australienne, Jodi Rose, l’« épouse ».
Au-delà de son histoire, le pont illustre l’ingénierie médiévale catalane et le rôle stratégique de Céret, ville frontalière entre la France et l’Espagne. Son arche unique, exceptionnelle pour l’époque, servait autant aux échanges commerciaux qu’à la défense, comme en témoigne la chapelle-guardianne mentionnée dès 1722. Aujourd’hui, il reste un symbole du patrimoine roussillonnais, mêlant héritage technique, légendes et traces artistiques.