Premier pont en bois 1642 (≈ 1642)
Construction d'un pont en bois par les jésuites.
1765
Ordonnance du gouverneur
Ordonnance du gouverneur 1765 (≈ 1765)
Ordonnance du gouverneur d'Ennery pour un pont en pierre.
1766
Construction du pont
Construction du pont 1766 (≈ 1766)
Construction du pont en pierre par le frère Cléophas Danton.
1902
Résistance à l'éruption
Résistance à l'éruption 1902 (≈ 1902)
Le pont résiste à l'éruption de la montagne Pelée.
1980
Inscription historique
Inscription historique 1980 (≈ 1980)
Le pont est inscrit à l'inventaire des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pont sur la Roxelane (cad. NON CADASTRE ; DOMAINE PUBLIC) : inscription par arrêté du 22 juillet 1980
Personnages clés
Gouverneur d'Ennery
Gouverneur ayant ordonné la construction du pont en pierre.
Cléophas Danton
Frère de la Charité ayant dirigé la construction du pont.
Thomassin de Peynier
Intendant sous le généralat du comte d'Ennery.
Origine et histoire
Le Pont Roche, aussi appelé vieux pont de pierres, enjambe la rivière Roxelane à l'extrémité nord de la rue Victor‑Hugo à Saint‑Pierre ; il date de 1766 et est le plus ancien pont de la Martinique. La Roxelane sépare les quartiers du Fort, du Centre et du Mouillage, et la longue rue Royale relie ces secteurs en traversant la ville du nord au sud. Un premier pont en bois fut construit en 1642 par les jésuites pour relier leur Habitation Perinelle aux paroisses du sud. Après l'expulsion des jésuites en 1762, une ordonnance du gouverneur d'Ennery du 18 novembre 1765 prescrivit le remplacement du pont de bois par un ouvrage en pierre. Les travaux furent confiés au frère de la Charité Cléophas Danton et financés par des contributions volontaires des habitants ; le pont fut élevé en 1766. Son arche unique, surbaissée, enjambe la rivière où s'activaient les blanchisseuses. Dès le XVIIIe siècle, le pont devint un lieu de sociabilité : point de passage des ragots (les « milans ») et lieu de rassemblement des « messieurs ». Au XIXe siècle, ses parapets en pierre accueillent conteurs et « sénateurs », qui commentent chaque soir les événements du jour. Pendant le carnaval, le pont sert de lieu d'affrontement entre les diables rouges du Fort et du Mouillage. Construit en pierres de taille, chaux et sable, il comporte une travée plate et des butées d'une épaisseur remarquable, ce qui lui conféra une grande solidité. Long d'environ dix mètres, il présente une seule arche surbaissée. Solide, il résista à l'éruption de la montagne Pelée en 1902 qui ravagea Saint‑Pierre, ne perdant que ses parapets de pierre. Avant l'éruption, une plaque de marbre apposée sur le parapet côté mer portait une inscription rappelant sa construction en MDCCLXVI sous le généralat du comte d'Ennery et l'intendance de Thomassin de Peynier, sous la direction du frère Cléophas Danton, flanquée des écussons du comte d'Ennery et du président Louis de Thomassin de Peynier. Le Pont Roche est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 22 juillet 1980.