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Pont Neuf de Montauban dans le Tarn-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine urbain Pont

Pont Neuf de Montauban

    Pont Neuf
    82000 Montauban
Propriété du département
Pont Neuf de Montauban
Pont Neuf de Montauban
Pont Neuf de Montauban
Pont Neuf de Montauban
Pont Neuf de Montauban
Pont Neuf de Montauban
Pont Neuf de Montauban
Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
10 avril 1907
Délibération du conseil général
17 août 1907
Accord ville-département
24 décembre 1908
Rapport de l'ingénieur en chef
19 novembre 1910
Choix du projet Boussiron
29 juin 1913
Ouverture à la circulation
29 avril 2005
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le Pont Neuf, avec le bow-string du Lissac qui lui fait suite (cad. domaine public, non cadastré) : inscription par arrêté du 29 avril 2005

Personnages clés

Simon Boussiron - Ingénieur et entrepreneur Concepteur et constructeur du pont.
Charles Rabut - Ingénieur et membre du jury Expert en génies civil, contributeur technique.
Augustin Mesnager - Membre du jury Participation à l'évaluation des projets.

Origine et histoire

Le Pont Neuf de Montauban, édifié au début du XXe siècle, est un ouvrage en béton armé franchissant le Tarn et le canal de Lissac. Il a été conçu pour répondre à un double besoin : faciliter la circulation des tramways départementaux et améliorer l’accès à la ville depuis la rive gauche du Tarn. Son projet, initié en 1907 par le conseil général de Tarn-et-Garonne, s’inscrit dans une volonté de modernisation des infrastructures locales, tout en tenant compte des contraintes hydrologiques du fleuve, connu pour ses crues rapides et puissantes.

L’appel d’offres pour sa construction est lancé en 1910, après un accord financier entre la ville de Montauban et le département, fixé par une délibération du 10 avril 1907 et un protocole signé le 17 août de la même année. Le projet retenu, celui de l’ingénieur Simon Boussiron, innove par son système d’articulation des voûtes en trois points, réduisant leur épaisseur et optimisant la résistance aux crues. Le jury, incluant des experts comme Charles Rabut et Augustin Mesnager, impose des modifications au projet initial, notamment la séparation en deux ponts distincts : un pont à arches sur le Tarn et un bow-string sur le canal de Lissac, solution plus économique et esthétique.

Les travaux, estimés à 500 000 francs, débutent en 1911 sous la direction de Simon Boussiron, avec des financements partagés entre l’État, le département et la ville. Le pont est inauguré le 29 juin 1913, après des épreuves de résistance réussies. Bien que conçu pour les tramways — dont la ligne n’est opérationnelle qu’à partir de 1926 et abandonnée en 1933 —, il est dès l’origine ouvert à la circulation publique. Son éclairage électrique, décidé en 1912, et ses garde-corps en fer forgé ajoutent à son caractère monumental.

Le Pont Neuf se distingue par ses solutions techniques avant-gardistes pour l’époque, comme l’utilisation de ciment à haute résistance et l’évidement maximal des tympans pour limiter l’obstruction des crues. Ces choix, validés par des ingénieurs renommés, en font un modèle d’adaptation aux contraintes naturelles et urbaines. Classé monument historique en 2005, il témoigne aujourd’hui de l’ingéniosité des constructeurs du début du XXe siècle et de l’évolution des transports en Occitanie.

Son histoire reflète aussi les tensions administratives et financières entre les acteurs locaux, notamment autour du partage des coûts. Malgré ces querelles, documentées dans les archives, le projet aboutit grâce à la convergence d’intérêts entre le développement des tramways, les besoins de désenclavement de Montauban, et les avancées techniques en béton armé. Le pont, propriété du département, reste un symbole de la transition entre l’ère industrielle et la modernité urbaine en France.

Liens externes