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Pont romain de Boisseron dans l'Hérault

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Pont Pont romain

Pont romain de Boisseron

    Rue des Remparts
    34160 Boisseron
Propriété du département
Crédit photo : Henk Monster - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
1800
1900
2000
Ier siècle (Haut-Empire romain)
Construction du pont
Vers 1830
Modification majeure
Octobre 1998
Crue centennale du Vidourle
2005
Inscription monument historique
2008
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le pont situé sur la route départementale 601 au passage de la rivière la Bénovie (non cadastré, domaine public) : classement par arrêté du 10 octobre 2008

Personnages clés

Empereur Tibère - Souverain romain (14–37 ap. J.-C.) Règne durant la construction du pont.
Légionnaires romains - Bâtisseurs du pont Auteurs de l’ouvrage au Ier siècle.

Origine et histoire

Le pont romain de Boisseron, situé dans le département de l’Hérault en région Occitanie, a été construit au Ier siècle sous le Haut-Empire romain pour franchir la rivière Bénovie. Il faisait partie d’une voie secondaire reliant les Cévennes au littoral méditerranéen via le golfe d’Aigues-Mortes, dans un réseau complémentaire à la Voie Domitienne. À l’origine, il présentait cinq arches de plein cintre, une longueur de 50,60 mètres et une largeur de 3,57 mètres, avec une technique de construction en deux anneaux indépendants, similaire à celle observée sur d’autres ponts régionaux comme celui de Sommières ou l’aqueduc du Gard.

Vers 1830, durant le premier quart du XIXe siècle, le pont subit des transformations majeures : un élargissement côté amont, l’ajout d’une sixième arche en rive droite, et l’obstruction des ouïes d’évacuation, altérant son aspect d’origine. Ces modifications répondaient probablement à des besoins croissants de circulation locale, dans un contexte où Boisseron était déjà un carrefour entre l’Hérault et le Gard, proche de Sommières.

Classé parmi les monuments historiques depuis 2008 (après une première inscription en 2005), le pont illustre l’ingénierie romaine adaptée aux contraintes hydrauliques de la Bénovie, un cours d’eau sujet à des crues dévastatrices, comme celle d’octobre 1998 qui frappa le bassin versant du Vidourle. Son histoire reflète aussi les dynamiques territoriales de la région, marquée par des échanges entre Nîmes — capitale régionale à l’époque romaine — et les zones rurales environnantes.

Le site de Boisseron, attesté dès le XIIe siècle sous le nom de « Buxedonis Lucus » (lieu couvert de buis), était stratégiquement positionné près d’un castrum militaire romain surveillant le pont. Cette infrastructure routière joua un rôle clé dans la sécurisation des voies entre le littoral et l’arrière-pays, tout en facilitant les déplacements des légions entre Restinclières (garni par une importante garnison) et Nîmes.

Aujourd’hui, le pont romain de Boisseron témoigne à la fois de la pérennité des ouvrages antiques et des adaptations ultérieures pour répondre aux besoins modernes. Son classement en monument historique souligne son importance patrimoniale, dans une commune rurale où le Vidourle et la Bénovie continuent de structurer le paysage et l’histoire locale.

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