Frise chronologique
Ier siècle (Haut-Empire romain)
Construction du pont
Construction du pont
Ier siècle (Haut-Empire romain) (≈ 150)
Cinq arches, technique romaine en anneaux indépendants.
Vers 1830
Modification majeure
Modification majeure
Vers 1830 (≈ 1830)
Élargissement et ajout d’une sixième arche.
Octobre 1998
Crue centennale du Vidourle
Crue centennale du Vidourle
Octobre 1998 (≈ 1998)
Inondation impactant le bassin versant.
2005
Inscription monument historique
Inscription monument historique
2005 (≈ 2005)
Première protection officielle du pont.
2008
Classement monument historique
Classement monument historique
2008 (≈ 2008)
Reconnaissance patrimoniale définitive.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le pont situé sur la route départementale 601 au passage de la rivière la Bénovie (non cadastré, domaine public) : classement par arrêté du 10 octobre 2008
Personnages clés
| Empereur Tibère - Souverain romain (14–37 ap. J.-C.) |
Règne durant la construction du pont. |
| Légionnaires romains - Bâtisseurs du pont |
Auteurs de l’ouvrage au Ier siècle. |
Origine et histoire
Le pont romain de Boisseron, situé dans le département de l’Hérault en région Occitanie, a été construit au Ier siècle sous le Haut-Empire romain pour franchir la rivière Bénovie. Il faisait partie d’une voie secondaire reliant les Cévennes au littoral méditerranéen via le golfe d’Aigues-Mortes, dans un réseau complémentaire à la Voie Domitienne. À l’origine, il présentait cinq arches de plein cintre, une longueur de 50,60 mètres et une largeur de 3,57 mètres, avec une technique de construction en deux anneaux indépendants, similaire à celle observée sur d’autres ponts régionaux comme celui de Sommières ou l’aqueduc du Gard.
Vers 1830, durant le premier quart du XIXe siècle, le pont subit des transformations majeures : un élargissement côté amont, l’ajout d’une sixième arche en rive droite, et l’obstruction des ouïes d’évacuation, altérant son aspect d’origine. Ces modifications répondaient probablement à des besoins croissants de circulation locale, dans un contexte où Boisseron était déjà un carrefour entre l’Hérault et le Gard, proche de Sommières.
Classé parmi les monuments historiques depuis 2008 (après une première inscription en 2005), le pont illustre l’ingénierie romaine adaptée aux contraintes hydrauliques de la Bénovie, un cours d’eau sujet à des crues dévastatrices, comme celle d’octobre 1998 qui frappa le bassin versant du Vidourle. Son histoire reflète aussi les dynamiques territoriales de la région, marquée par des échanges entre Nîmes — capitale régionale à l’époque romaine — et les zones rurales environnantes.
Le site de Boisseron, attesté dès le XIIe siècle sous le nom de « Buxedonis Lucus » (lieu couvert de buis), était stratégiquement positionné près d’un castrum militaire romain surveillant le pont. Cette infrastructure routière joua un rôle clé dans la sécurisation des voies entre le littoral et l’arrière-pays, tout en facilitant les déplacements des légions entre Restinclières (garni par une importante garnison) et Nîmes.
Aujourd’hui, le pont romain de Boisseron témoigne à la fois de la pérennité des ouvrages antiques et des adaptations ultérieures pour répondre aux besoins modernes. Son classement en monument historique souligne son importance patrimoniale, dans une commune rurale où le Vidourle et la Bénovie continuent de structurer le paysage et l’histoire locale.