Frise chronologique
1259
Première mention écrite
Première mention écrite
1259 (≈ 1259)
Cité dans un hommage féodal au comte de Toulouse.
1271
Saisimentum de l'Agenais
Saisimentum de l'Agenais
1271 (≈ 1271)
Mentionné lors de la prise de possession par le roi de France.
fin XIIIe siècle
Construction du moulin
Construction du moulin
fin XIIIe siècle (≈ 1395)
Moulin d’Henri IV bâti à 20 mètres du pont.
1606
Archives des défenses
Archives des défenses
1606 (≈ 1606)
Devis mentionnant un pont-levis et des mâchicoulis.
XVe ou XVIe siècle
Datation supposée du pont
Datation supposée du pont
XVe ou XVIe siècle (≈ 1650)
Débat entre historiens (Prade vs Mesqui).
fin XVIIIe siècle
Réparations majeures
Réparations majeures
fin XVIIIe siècle (≈ 1895)
Travaux documentés sur la structure.
30 novembre 1960
Classement MH
Classement MH
30 novembre 1960 (≈ 1960)
Protection au titre des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Pont roman sur la Gélise (non cadastré) : classement par arrêté du 30 novembre 1960
Personnages clés
| Ysarn de Sainte-Marse - Seigneur local |
Cité dans l’hommage de 1259 au comte de Toulouse. |
| Marcel Prade - Historien |
Propose une datation du pont au XVe siècle. |
| Jean Mesqui - Historien |
Estime le pont postérieur au XVIe siècle. |
Origine et histoire
Le pont roman de Barbaste, situé sur la Gélise entre Barbaste et Nérac (Lot-et-Garonne, Nouvelle-Aquitaine), s’inscrit dans l’histoire de la Ténarèze, une voie antique pré-romaine reliant les Pyrénées à la Garonne. Avant sa construction, le franchissement de la rivière se faisait probablement par un gué. Le pont est mentionné dès 1259 dans un hommage féodal, puis en 1271 lors de la prise de possession de l’Agenais par le roi de France. Il marquait alors la limite d’application des Coutumes d’Agen, interdisant notamment le transport de sel au-delà de son emplacement.
La datation précise du pont fait débat : certains historiens, comme Marcel Prade, le situent au XVe siècle (postérieur au moulin adjacent, construit à la fin du XIIIe), tandis que Jean Mesqui propose le XVIe siècle. Son appareillage rustique suggère un ouvrage à vocation utilitaire. Des défenses, dont un pont-levis et des mâchicoulis, existaient autrefois, comme en témoignent des archives de 1606. Le moulin voisin, dit moulin d’Henri IV, fut érigé à 20 mètres en amont, renforçant l’importance stratégique du site.
Classé monument historique en 1960, le pont se compose de dix arches en plein cintre, avec des piles dotées d’avant-becs et d’arrière-becs triangulaires. Sa largeur varie entre 3,30 et 6,30 mètres. Des réparations, notamment à la fin du XVIIIe siècle, ont permis sa conservation. Le site inclut aussi les vestiges des tours de Barbaste, un moulin fortifié qui en fermait l’accès côté rive gauche.
Le pont illustre le rôle clé des infrastructures médiévales dans le contrôle des échanges et des frontières locales. Son histoire reflète les tensions entre pouvoirs féodaux (comtes de Toulouse) et royaux (royaume de France), ainsi que l’adaptation des ouvrages aux besoins militaires et économiques. Les Coutumes d’Agen et les traces de fortifications soulignent son importance comme point de rupture entre l’Agenais et la Gascogne.