Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Pont Saint-Nicolas de Campagnac à Sainte-Anastasie dans le Gard

Patrimoine classé Patrimoine urbain Pont

Pont Saint-Nicolas de Campagnac à Sainte-Anastasie

  • Campagnac
  • 30190 Sainte-Anastasie
30190 Sainte-Anastasie, Campagnac

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1800
1900
2000
1156
Première mention du prieuré
1245–1260
Construction du pont
1862
Modifications sous le Second Empire
24 août 1944
Destruction partielle par la Wehrmacht
9 septembre 2002
Crue historique du Gardon
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Pons de Becmil - Évêque d’Uzès Surnommé « l’évêque du Pont » pour son rôle.
Louis VII - Roi de France Mentionne le prieuré en 1156.
Abbé Pons - Prieur de Saint-Nicolas (1188) Dirigeait le prieuré voisin du pont.
Louis III l'Aveugle - Roi d’Arles (896) Concéda Campagnac à l’évêque d’Uzès.

Origine et histoire du Pont Saint-Nicolas

Le pont Saint-Nicolas de Campagnac, construit entre 1245 et 1260 par les moines de l'ordre des Frères pontifes, est un ouvrage médiéval en arc de 120 mètres de long et 18 mètres de haut. Il franchit le Gardon à Sainte-Anastasie, établissant une liaison cruciale entre Nîmes et Uzès, deux villes alliées. Son architecture, marquée par des arches ogivales, facilita le transport de marchandises comme le blé, le vin ou les matériaux, remplaçant les passages périlleux des gués ou du pont du Gard lors des crues hivernales.

Avant sa construction, la traversée du Gardon était hasardeuse : seuls piétons et cavaliers osaient emprunter un étroit chemin le long des piliers du pont du Gard, inaccessible aux mules. Les moines augustins, installés dès le XIIe siècle dans le prieuré voisin de Saint-Nicolas de Campagnac, jouèrent un rôle clé dans ce projet. L'évêque Pons de Becmil, surnommé « l'évêque du Pont », s’investit particulièrement pour concrétiser cette voie, répondant à l’essor des échanges commerciaux entre les deux cités.

Le pont devint un enjeu stratégique pendant les guerres de religion. Occupé par les protestants, il maintenait le lien entre Nîmes et Uzès ; sa prise par les troupes royales ou les Guisards isolait ces villes. Sa physionomie fut profondément modifiée en 1862 sous le Second Empire : le tablier fut rehaussé et une route creusée dans le rocher du prieuré, faisant disparaître des éléments historiques. Endommagé lors de la Seconde Guerre mondiale (deux arches détruites par la Wehrmacht en 1944) puis par les inondations de 2002, il fut restauré et légèrement élargi pour faciliter le trafic.

Bien que non classé monument historique en raison des transformations subies, le pont conserve une importance patrimoniale. Les crues du Gardon, comme celle de 2002 où les eaux dépassèrent de trois mètres le tablier, rappellent sa vulnérabilité. Une plaque en marbre marque aujourd’hui le niveau de cette crue, témoin des défis posés par la nature et l’histoire à cet ouvrage médiéval.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours