Frise chronologique
873 (IXe siècle)
Accord initial entre abbayes
Accord initial entre abbayes
873 (IXe siècle) (≈ 950)
Construction attribuée à un accord Aniane-Gellone.
1025-1031
Construction du pont
Construction du pont
1025-1031 (≈ 1028)
Période confirmée par les sources monastiques.
1036-1048
Rédaction de l'acte notarié
Rédaction de l'acte notarié
1036-1048 (≈ 1042)
Preuves écrites de la collaboration abbatiale.
fin XVIIIe siècle
Élargissement du pont
Élargissement du pont
fin XVIIIe siècle (≈ 1895)
Agrandissement côté amont pour la circulation.
5 avril 1935
Classement monument historique
Classement monument historique
5 avril 1935 (≈ 1935)
Protection officielle de l’État français.
1998
Inscription UNESCO
Inscription UNESCO
1998 (≈ 1998)
Patrimoine mondial (chemins de Compostelle).
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Voir commune de : Aniane
Personnages clés
| Pons - Abbé d'Aniane |
Signataire de l'acte de construction (1036-1048). |
| Geoffroy - Abbé de Gellone |
Co-signataire de l'acte avec Pons. |
| Guillaume d'Orange - Figure légendaire |
Attribué à tort comme constructeur (légende, 1160). |
| Victor Mortet - Historien |
A publié l'acte abbatial (début XIe siècle). |
Origine et histoire
Le pont du Diable, ou pont sur l’Hérault, est un édifice médiéval d’architecture romane situé entre les communes de Saint-Jean-de-Fos et Aniane, dans le département de l’Hérault. Construit au début du XIe siècle (entre 1025 et 1031) par les abbayes d’Aniane et de Gellone, il franchit l’extrémité des gorges de l’Hérault. D’une longueur de 65 mètres, il comprend deux arches romanes et deux ouïes, avec des parements en petit appareil régulier. Initialement destiné à relier les deux abbayes, il fut élargi vers 1770 côté amont et surélevé. Désaffecté en 1932, il est aujourd’hui réservé aux piétons et classé au titre des monuments historiques depuis 1935.
Selon le cartulaire de Gellone et des recherches de l’université de Montpellier, sa construction résulterait d’un accord entre les abbés d’Aniane et de Gellone vers 873 (IXe siècle), bien que les sources ultérieures, comme l’acte publié par Victor Mortet, datent sa rédaction entre 1036 et 1048. Cet acte stipulait que chaque abbaye construirait une moitié du pont, sans fortification ni église, et sans droit de péage. Le pont est aussi lié à une légende médiévale (vers 1160) attribuant sa construction à Guillaume d’Orange et évoquant un pacte avec le diable, d’où son nom.
Le pont du Diable est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998, dans le cadre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. Proche des grottes de Clamouse et du village médiéval de Saint-Guilhem-le-Désert, il reste un symbole du patrimoine roman languedocien. Malgré son classement, le site est marqué par des accidents fréquents liés aux sauts depuis l’ouvrage, conduisant à l’installation d’un poste de secours en 2008.
Architecturalement, le pont illustre le premier art roman languedocien, avec ses arches en plein-cintre et son appareil régulier. Il fut agrandi à la fin du XVIIIe siècle pour répondre aux besoins de circulation, avant d’être remplacé par un pont routier voisin au XXe siècle. Aujourd’hui, il incarne à la fois un héritage monastique, une prouesse technique médiévale et un lieu chargé de légendes, tout en restant un point de passage emblématique des gorges de l’Hérault.
Devenir actuel
Le Pont du Diable de Saint-Jean-de-Fos fait partie des 71 monuments ainsi que 7 portions de chemins sont inscrits depuis 1998 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco sous le titre officiel de « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France ».
Il est sur le chemin de la Via Tolosana ou « voie toulousaine » qui passe par Toulouse, d'où son nom, mais son point de départ se situe à Arles d'où son autre nom de chemin d'Arles (via Arelatensis).