Origine et histoire de l'ancien pont
L’ancien pont de Poissy, aussi appelé pont ancien de Poissy, était un ouvrage en maçonnerie de près de 400 mètres reliant Poissy à Carrières-sous-Poissy (Yvelines). Construit initialement au XIIIe siècle sur des fondations potentiellement plus anciennes, il joua un rôle clé dans les échanges commerciaux (bétail, pêche, meunerie) et les conflits militaires, notamment pendant la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion. Ses 37 arches abritaient moulins, pêcheries et un péage routier, en faisant un axe économique majeur.
Au fil des siècles, le pont fut partiellement reconstruit (XVIIe siècle), modernisé (XIXe siècle avec une arche marinière métallique de 32 mètres), puis endommagé lors des guerres (1870, 1940, 1944). En 1944, un bombardement allié détruisit la majorité de ses arches, ne laissant que six vestiges visibles aujourd’hui. Son histoire reflète les évolutions techniques (passerelles, moulins) et les enjeux stratégiques de la vallée de la Seine.
Le pont était aussi un lieu de vie sociale : guinguettes (comme l’Esturgeon), restaurants, et activités nautiques attiraient Parisiens et artistes (Monet, Meissonier) au XIXe siècle. Après sa destruction, des projets de passerelle piétonne sur ses vestiges ont émergé, avec une inauguration prévue vers 2024. Les arches restantes, classées partiellement aux monuments historiques (1937), témoignent de son importance patrimoniale.
Les moulins du pont, au nombre de quatre (dont le Moulin de la Reine Blanche), furent désaffectés à la fin du XIXe siècle, victimes des transformations fluviales et de l’industrialisation. Leur disparition marqua la fin d’une ère artisanale. Le pont fut aussi le théâtre de passages historiques, comme ceux de Napoléon Ier (1810, 1840) ou d’Henri IV (1590), et de batailles durant la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, les vestiges du pont – trois arches côté Poissy et trois côté Carrières-sous-Poissy – sont intégrés dans des projets urbains (résidence La Croisette). Une passerelle piétonne et cyclable, prévue pour 2024, vise à restaurer la liaison entre les deux rives, tout en préservant les fondations historiques. Ce projet, estimé à 23 millions d’euros, s’inscrit dans une dynamique de valorisation du patrimoine fluvial francilien.