Origine et histoire du Pont suspendu
Situé entre Tonnay-Charente et Saint-Hippolyte, près de Rochefort, le pont suspendu enjambe la Charente un peu en amont du port fluvial et se distingue comme l’un des plus anciens ponts suspendus d’Europe, construit en 1842. Le site, exposé à de fortes marées et à des crues, a été utilisé pour le franchissement de la rivière dès le XIIIe siècle, puis par des bacs sur l’axe de la route royale Bordeaux–Saint-Malo. En 1839 Pierre Debans obtint une concession et une subvention pour la construction ; le projet fut dessiné par l’ingénieur Lazare Joseph Aimé Dor et les travaux, commencés en 1841, aboutirent à l’inauguration du pont en avril 1842. L’ouvrage, long de 623 mètres avec une travée au-dessus du fleuve de 90 mètres et un tablier central supporté par trois piles, se raccorde à un viaduc d’accès en rive gauche appuyé sur 51 arcades ogivales. Haut de 23 mètres, il laissait un tirant d’air de 22 mètres au-dessus des plus hautes eaux, permettant le passage des navires mâtés. Après des décennies d’utilisation, le tablier d’origine, en bois, s’effondra lors d’un essai de charge en 1883 ; l’ingénieur Ferdinand Arnodin reconstruit la partie suspendue en la consolidant par une armature métallique tout en conservant un plancher en bois et un garde-corps en fer forgé. Face à l’alourdissement des véhicules, des travaux de renforcement furent menés en 1934–1935, avec la pose de pylônes et de câbles métalliques réalisés par la société Fives-Lille. L’accroissement du trafic après la Seconde Guerre mondiale rendit cependant l’ouvrage inadapté aux véhicules : son usage automobile cessa définitivement après la construction, en amont, du pont de Saint-Clément inauguré en 1964. Fermé à la circulation motorisée, il fut partiellement rouvert vers 1975 aux piétons, cyclistes et motocyclistes puis inscrit, avec les deux anciens pavillons de péage situés à l’entrée nord-est, au titre des monuments historiques le 14 novembre 1988. Des fermetures et campagnes de restauration se succédèrent au début du XXIe siècle : une interdiction de circulation fut prononcée en 2004 pour travaux, la restauration conduite par Baudin-Châteauneuf prit fin en juin 2009 avec une réouverture piétonne, puis des défauts du revêtement entraînèrent en 2011 le remplacement des plaques d’aggloméré par un platelage en robinier et la protection de la structure par des bacs acier. Dès 2015, de nombreux éléments du platelage montraient des signes d’usure, et la municipalité lança en 2021 un nouveau chantier visant la reprise du tablier, des parties métalliques et de la maçonnerie, avec un budget estimé au départ à 10 millions d’euros ; début 2023, la commune a annoncé le démarrage des travaux avant la fin de l’année, financés en partie par l’État et la région, en donnant la priorité au tablier. Le pont reste un symbole local, figurant sur les logos de la commune avant 2022 et sur le nouveau logo dévoilé en 2022.