Frise chronologique
XIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
XIe siècle (≈ 1150)
Pont à dix-sept arches et trois tours.
1156
Charte d'exemption de péage
Charte d'exemption de péage
1156 (≈ 1156)
Abbaye de Sylvanès exemptée par Raymond IV.
1351 et 1393
Dégâts par crues
Dégâts par crues
1351 et 1393 (≈ 1393)
Endommagé, moulin écroulé en 1393.
1412 à 1476
Réparations successives
Réparations successives
1412 à 1476 (≈ 1444)
Tours et chaussée restaurées.
8 janvier 1758
Destruction partielle
Destruction partielle
8 janvier 1758 (≈ 1758)
Crue du Tarn, deux arches subsistent.
23 janvier 1934
Classement monument historique
Classement monument historique
23 janvier 1934 (≈ 1934)
Protection des vestiges restants.
2012
Restauration et fouilles
Restauration et fouilles
2012 (≈ 2012)
Campagne après dommage par crue.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le soubassement du moulin avec les roues à cuve et leur mécanisme, en totalité ; les façades et les toitures des parties hautes du moulin (cad. AP 197), tel que délimité en rouge sur le plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 22 août 2016
Personnages clés
| Raymond IV (comte de Barcelone) - Seigneur et donateur |
Accorde exemption de péage en 1156. |
| Guiraud (abbé de Sylvanès) - Bénéficiaire de la charte |
Exempté des droits de péage. |
| François Ier - Commanditaire d’enquête |
Ordre d’évaluation en 1532. |
| Dieudonné Rey - Historien local |
Décrit la structure originale du pont. |
Origine et histoire
Le Pont Vieux de Millau, construit initialement au XIe siècle, était un ouvrage majeur franchissant le Tarn, doté de dix-sept arches et trois tours fortifiées. Il jouait un rôle clé dans les échanges entre le Languedoc et le Massif Central, comme en témoigne une charte de 1156 exemptant l’abbaye de Sylvanès de droits de péage. Le pont, endommagé à plusieurs reprises par des crues (notamment en 1351 et 1393), fut réparé à intervalles réguliers, avec des mentions de travaux en 1412, 1437 et 1476.
Une enquête de 1532 révèle son état dégradé : deux tours sont inhabitables, et des arches menacent de s’effondrer. Malgré des réparations, une crue dévastatrice en 1758 détruit presque entièrement l’ouvrage, ne laissant que deux arches et les vestiges du Moulin du Roi, bâti sur la deuxième pile. Ce moulin, mentionné dès le XIIe siècle, comprend une base médiévale et des étages ajoutés plus tard. Le pont, classé monument historique en 1934, est aujourd’hui un témoin partiel de son passé stratégique.
Les fouilles archéologiques de 2012, suite à une crue endommageant l’avant-bec triangulaire, ont confirmé que seuls les aménagements des XIXe et XXe siècles subsistaient sur le tablier. Le pont fut remplacé au XVIIIe siècle par le pont Lerouge adjacent, mais ses ruines, protégées, rappellent son importance historique comme point de passage et de contrôle entre les régions méridionales. Son architecture mêle pierre de taille, tuf et grès, avec des avant-becs triangulaires caractéristiques.
Le Pont Vieux illustre l’évolution des techniques de construction médiévales et leur adaptation aux contraintes naturelles, comme les crues fréquentes du Tarn. Son déclin progressif, marqué par des effondrements partiels et des réparations successives, reflète aussi les défis logistiques et économiques de son entretien à travers les siècles. Aujourd’hui, ses vestiges offrent un aperçu tangible de l’ingénierie et de la vie commerciale au Moyen Âge dans le Rouergue.