Frise chronologique
1144
Charte de fondation de Montauban
Charte de fondation de Montauban
1144 (≈ 1144)
Prévoit la construction d’un pont sur le Tarn.
1291
Achat des terrains
Achat des terrains
1291 (≈ 1291)
Ville acquiert les parcelles pour le pont.
1304
Ordre royal de Philippe le Bel
Ordre royal de Philippe le Bel
1304 (≈ 1304)
Début du financement et des plans.
22 janvier 1311
Début des travaux
Début des travaux
22 janvier 1311 (≈ 1311)
Ouverture officielle du chantier.
1314-1315
Crise et reprise des travaux
Crise et reprise des travaux
1314-1315 (≈ 1315)
Enquête royale et prolongement des taxes.
vers 1335
Achèvement supposé
Achèvement supposé
vers 1335 (≈ 1335)
Pont terminé avec deux tours seulement.
1562
Premier siège de Montauban
Premier siège de Montauban
1562 (≈ 1562)
Pont utilisé comme ouvrage défensif.
1621
Siège par l’armée royale
Siège par l’armée royale
1621 (≈ 1621)
Tour rive gauche résiste aux attaques.
1663
Destruction de la tour rive droite
Destruction de la tour rive droite
1663 (≈ 1663)
Pour construire le palais épiscopal.
1701
Destruction de la tour rive gauche
Destruction de la tour rive gauche
1701 (≈ 1701)
Remplacée par une porte triomphale.
1828
Destruction de la chapelle
Destruction de la chapelle
1828 (≈ 1828)
Et remplacement des parapets.
1881
Élargissement du pont
Élargissement du pont
1881 (≈ 1881)
Modernisation pour la circulation.
1911
Classement monument historique
Classement monument historique
1911 (≈ 1911)
Protection officielle du pont.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'ancien pont : classement par arrêté du 15 décembre 1911
Personnages clés
| Alphonse Jourdain - Comte de Toulouse |
Fonda Montauban et initia le projet. |
| Philippe le Bel - Roi de France |
Ordonna la construction en 1304. |
| Étienne de Ferrières - Châtelain royal de Montauban |
Maître d’œuvre initial du pont. |
| Mathieu de Verdun - Bourgeois de Montauban |
Co-responsable des travaux en 1311. |
| Bernard Gervais - Juge royal |
Enquêteur sur les détournements en 1311. |
| Mathieu de Courtes-Jumelles - Juge royal |
Contrôla l’avancement des travaux. |
| Fabris de Montauban - Nouveau maître d’œuvre |
Remplaça Ferrières en 1319. |
| François Beuscher - Maître des réparations |
Inspecta le pont en 1627. |
| Intendant Pellot - Représentant royal |
Restaura le pont en 1667. |
Origine et histoire
Le Pont Vieux de Montauban trouve ses origines dans la fondation de la ville au XIIe siècle par Alphonse Jourdain, comte de Toulouse. La charte de 1144 prévoyait déjà sa construction pour relier les deux rives du Tarn, mais les coûts élevés et les conflits retardèrent le projet. Les habitants obtinrent des terrains en 1291, mais les ressources manquaient encore pour entamer les travaux.
En 1304, Philippe le Bel ordonna la construction du pont, promettant une subvention royale pour un ouvrage doté de trois tours. Les travaux, confiés à Étienne de Ferrières et Mathieu de Verdun, débutèrent en 1311 mais furent marqués par des détournements de fonds et des conflits entre les consuls de Montauban et les représentants du roi. Une enquête royale en 1311 révéla des malversations, entraînant la suspension du consulat et des condamnations financières. Les travaux reprirent après 1315, avec une estimation de 20 ans pour l’achèvement.
Le pont fut probablement terminé vers 1335, avec deux tours aux extrémités (au lieu des trois prévues) et une chapelle dédiée à sainte Catherine au centre. Les tours furent progressivement détruites : celle de rive droite en 1663 pour le palais épiscopal, et celle de rive gauche en 1701 pour une porte triomphale. La chapelle disparut en 1828. Le pont servit de fortification lors des sièges de Montauban (1562, 1621), subissant des dommages répétés.
Au fil des siècles, le pont connut plusieurs restaurations : en 1667 par l’intendant Pellot, en 1758 pour améliorer la circulation piétonne, et en 1881 avec un élargissement. Les parapets médiévaux furent remplacés par des barrières métalliques en 1828, et les trottoirs furent élargis en 1831. Classé monument historique en 1911, il reste aujourd’hui un pont-route emblématique, témoignant de l’ingénierie médiévale et des tumultes de l’histoire montalbanaise.
Architecturalement, le Pont Vieux se distingue par son tablier plat rare au Moyen Âge, ses sept arches ogivales de 21 à 22 mètres d’ouverture, et ses piles munies de becs pour résister aux crues. Les ouvertures au-dessus des éperons facilitaient l’évacuation des eaux, une innovation pour l’époque. Long de 205 mètres, il illustre l’adaptation des techniques de construction aux défis géographiques et politiques de Tarn-et-Garonne.