Frise chronologique
1539
Création de la Darse
Création de la Darse
1539 (≈ 1539)
Début des travaux du port artificiel.
1571-1579
Extension du port
Extension du port
1571-1579 (≈ 1575)
Nouveau bassin et aménagement du môle.
1613
Statut de port franc
Statut de port franc
1613 (≈ 1613)
Ouverture libérale aux étrangers.
1730
Forme des galères
Forme des galères
1730 (≈ 1730)
Bassin de radoub couvert unique.
1792
Première occupation française
Première occupation française
1792 (≈ 1792)
Perte d’importance militaire après 1815.
1991
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1991 (≈ 1991)
Protection des bâtiments et infrastructures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Môle, avec le chemin de ronde qu'il porte ; bassin de radoub ; soubassement de l'ancienne caserne Dubois, ainsi que le jardin en terrasse qui le couvre ; façades de l'ancienne corderie ; bâtiment de l'ancienne forge ; bâtiment des anciennes galeries ; ancienne chapelle du Lazaret (cad. AS 108, 110, 26, 197 ; domaine public maritime) : inscription par arrêté du 11 février 1991
Personnages clés
| Emmanuel-Philibert - Duc de Savoie (1553-1580) |
Initiateur des fortifications et arsenal. |
| Charles Emmanuel Ier - Duc de Savoie (1580-1630) |
Érige Villefranche en port franc. |
| Charles Quint - Empereur du Saint-Empire |
Séjour en rade lors des négociations. |
| Dominique Tailliez - Ingénieur océanographe (1935-2008) |
Fondateur de l’ASPMV en 1995. |
Origine et histoire
La darse de Villefranche-sur-Mer, située entre Nice et Monaco, fut dès le XVIe siècle le port stratégique du duché de Savoie, puis du royaume de Sardaigne. Son développement débuta sous Emmanuel-Philibert (1553-1580) pour lutter contre la piraterie barbaresque, avec la construction d’une citadelle (Saint-Elme) et d’un premier môle en 1539. La rade naturelle, protégée par des falaises, offrait un abri idéal pour les flottes commerciales et militaires en Méditerranée, servant de relais entre Gênes et Marseille.
Au XVIIe siècle, le port devint un arsenal royal avec la création d’infrastructures dédiées : la « forme des galères » (1730), unique en Méditerranée avec son bassin couvert de 62 mètres, la corderie (1772) longue de 165 mètres, et des voûtes militaires (1719) pour stocker mâts et avirons. Une mosquée pour les galériens turcs, construite en 1725 à l’extrémité du môle, fut détruite par une tempête en 1773. Le site abritait aussi un lazaret (1669) pour les quarantaines, un hôpital-prison pour 200 forçats (1769), et une forge surplombée d’une cheminée en spirale typiquement piémontaise.
Le port connut son apogée sous les rois de Sardaigne, avec la construction de frégates comme la San Vittorio (1776), remplaçant progressivement les galères. Occupé par les Franco-Espagnols (1744-1749) puis par les Révolutionnaires (1792), il perdit son rôle militaire après 1815. Au XIXe siècle, la Darse accueillit une escadre russe et devint un lieu scientifique avec la création de l’observatoire océanologique (1884). Classé Monument Historique en 1991, le site conserve des vestiges uniques : anneaux de bronze aux armes de Savoie (1727), chapelle des galériens, et grilles aux armoiries de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare.
Aujourd’hui, la Darse allie patrimoine et activités modernes : port de plaisance, chantiers navals traditionnels (Pasqui, Masnata), et base pour les fouilles archéologiques sous-marines. L’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Maritime de Villefranche (ASPMV, fondée en 1995) valorise ce lieu chargé d’histoire, où subsistent aussi des épaves comme la caraque génoise Lomellina (1516) ou le navire danois Santa Dorothea (1693).