Frise chronologique
1028
Construction de l'église
Construction de l'église
1028 (≈ 1028)
Édifiée par les moines d'Aniane près d'un gué.
1208
Cession à l'hôpital d'Aubrac
Cession à l'hôpital d'Aubrac
1208 (≈ 1208)
L'église passe aux moines hospitaliers.
XIIe siècle (seconde moitié)
Datation du linteau sculpté
Datation du linteau sculpté
XIIe siècle (seconde moitié) (≈ 1250)
Période estimée pour les décors.
1854
Sauvetage du portail
Sauvetage du portail
1854 (≈ 1854)
Déplacement par Casimir Mayran après destruction.
17 avril 1950
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
17 avril 1950 (≈ 1950)
Protection officielle du portail roman.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Portail roman de Levignac : inscription par arrêté du 17 avril 1950
Personnages clés
| Casimir Mayran - Sénateur |
Sauva le portail en 1854. |
| Moines de l'abbaye d'Aniane - Constructeurs initiaux |
Édifièrent l'église en 1028. |
| Moines de l'hôpital d'Aubrac - Propriétaires en 1208 |
Gérèrent prieuré et infirmerie. |
Origine et histoire
Le portail de Levignac, aussi appelé portail de Lévinhac, est un élément architectural roman du XIIe siècle, situé sur la commune de Saint-Côme-d'Olt, dans le département de l'Aveyron, en région Occitanie. Il est aujourd’hui le seul vestige d’une église disparue, édifiée à proximité d’un gué sur le Lot, un point de passage stratégique pour les troupeaux en transhumance vers l’Aubrac. Ce portail, initialement intégré à une église construite par les moines de l’abbaye d’Aniane en 1028, fut cédé en 1208 à l’hôpital d’Aubrac, qui y établit un prieuré et une infirmerie.
Au XIXe siècle, les bâtiments religieux furent détruits, mais le sénateur Casimir Mayran parvint à sauver le portail en 1854 en le déplaçant à son emplacement actuel, près du château de Lévinhac. Des fouilles menées après la destruction de l’église révélèrent des tombes, dont certaines contenaient des squelettes avec des crânes recouverts de coquilles, une pratique funéraire intrigante. Le portail, remarquable par ses neuf voussures et son tympan sculpté, fut inscrit aux monuments historiques le 17 avril 1950.
D’un point de vue artistique, le portail se distingue par son tympan orné d’un chrisme à six branches encadré par deux anges, ainsi que par des motifs géométriques et des sculptures animales, dont un monstre dévorant un humain. Les six colonnettes des ébrasements, surmontées de chapiteaux finement ouvragés, témoignent du savoir-faire des artisans romans. Ce portail, aujourd’hui intégré à une propriété privée, reste un témoignage précieux de l’architecture religieuse médiévale en Rouergue.
Les sources historiques mentionnent également une chapelle romane avec crypte sur le site, aujourd’hui disparue. Le linteau du portail, décoré de deux personnages nimbés tenant un livre ouvert, ainsi que de rosaces et d’animaux, confirme une datation dans la seconde moitié du XIIe siècle. Ces éléments iconographiques suggèrent une symbolique religieuse forte, liée à la diffusion des textes sacrés et à la protection des voyageurs et pèlerins empruntant cette voie vers l’Aubrac.