Frise chronologique
1540
Construction du portail
Construction du portail
1540 (≈ 1540)
Portail latéral sculpté pour l’abbaye Notre-Dame.
1790
Fermeture de l’abbaye
Fermeture de l’abbaye
1790 (≈ 1790)
Abolition des vœux monastiques par l’Assemblée constituante.
1824
Effondrement des voûtes
Effondrement des voûtes
1824 (≈ 1824)
Chœur de l’église abbatiale s’écroule.
1840
Classement historique
Classement historique
1840 (≈ 1840)
Parmi les premiers monuments classés en France.
1909
Dernier déplacement
Dernier déplacement
1909 (≈ 1909)
Installation sur la place Hugues-Plomb après démolition.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Portail sud : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Pierre Jacques - Sculpteur présumé |
Auteur probable du portail en 1540. |
| Saint Martin - Figure religieuse représentée |
Statue équestre disparue du fronton. |
Origine et histoire
Le portail Saint-Martin d'Épernay, classé monument historique dès 1840, est un rare exemple d’architecture religieuse du XVIe siècle encore visible dans la ville. Construit en 1540 comme entrée latérale de l’église abbatiale Notre-Dame, il doit son nom à la statue équestre de saint Martin qui ornait autrefois sa niche frontale. Ce portail, probablement sculpté par Pierre Jacques, illustre le savoir-faire artistique de la Renaissance champenoise, période marquée par un renouveau des formes et des motifs inspirés de l’Antiquité.
L’histoire du portail est étroitement liée aux bouleversements révolutionnaires et aux transformations urbaines d’Épernay. En 1790, la suppression des congrégations religieuses par l’Assemblée constituante entraîne la fermeture de l’abbaye Notre-Dame, dont l’église est convertie en entrepôt en 1792. Après l’effondrement des voûtes du chœur en 1824, le portail, déjà privé de sa statue, est déplacé à deux reprises : d’abord intégré au clocher de la nouvelle église paroissiale en 1829, puis installé en 1909 sur la place Hugues-Plomb, après la démolition définitive de l’abbaye. Ce monument, aujourd’hui isolé, est l’un des derniers témoignages matériels de l’ancienne abbaye Saint-Martin.
Les déplacements successifs du portail reflètent les mutations urbaines et religieuses d’Épernay aux XIXe et XXe siècles. En 1913, la mairie quitte les anciens bâtiments conventuels, démolis l’année suivante, tandis que les vitraux sauvés de l’église abbatiale sont réinstallés dans la nouvelle église Notre-Dame, place Thiers. Classé parmi les premiers monuments historiques de France, le portail Saint-Martin incarne à la fois la richesse patrimoniale de la Champagne et les fractures de son histoire, entre héritage médiéval, révolution industrielle et modernisation urbaine.