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Porte de la Cour de l'Ambulance à Vienne dans l'Isère

Porte de la Cour de l'Ambulance

  • 1 Rue des Ursulines
  • 38200 Vienne
Crédit photo : Yannig38 - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune
7 Rue Schneider 38200 Vienne

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
500
600
1500
1600
1700
1800
1900
2000
543 (date contestée)
Fondation légendaire
1562
Destruction partielle
XVIIe siècle (vers 1665)
Construction de la porte
6 mars 1924
Classement MH
1998
Rachat par la ville
2021
Vente au privé
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Porte de la Cour de l'Ambulance : classement par arrêté du 6 mars 1924

Personnages clés

Clémence de Villars - Abbesse (1594–1611) Reconstruit cloître et église après 1562.
Marquise de Villars - Abbesse (1611–1662) Poursuit rénovations dont la porte (1665).
Claude Charvet - Historien (XVIIIᵉ) Auteur des *Mémoires* sur l'abbaye (1769).
Benoit Helly - Archéologue (SRA) Fouilles de 1998 après rachat municipal.
Anne Baud - Archéologue (Univ. Lyon 2) Dirige chantiers-écoles depuis 2003.

Origine et histoire

La Porte de la Cour de l'Ambulance fait partie de l'abbaye Saint-André-le-Haut, fondée au VIe siècle à Vienne par des nobles sous la règle de saint Léonien. Bien que la charte de fondation de 543 soit considérée comme un faux par certains historiens, des vestiges archéologiques attestent d'une chapelle primitive des VIe-VIIe siècles. L'abbaye, située sur la colline de Pipet, fut réorganisée au XIe siècle avec la venue de moniales de Saint-Césaire d'Arles, introduisant une nouvelle règle monastique.

Au XVIIe siècle, sous les abbesses Clémence et Marquise de Villars, l'abbaye connut d'importants travaux, dont la reconstruction du cloître et l'ajout d'une porte monumentale en 1665 pour la cour d'honneur. Cette porte, classée en 1924, symbolise la période de rénovation après les destructions des guerres de Religion (1562), où les protestants chassèrent les moniales et détruisirent le clocher. L'église abbatiale, initialement réservée aux religieuses, devint alors paroissiale après la destruction de l'église locale.

À la Révolution, l'abbaye fut vendue comme bien national et morcelée en logements privés. Les bâtiments, dont la porte de la Cour de l'Ambulance, furent partiellement préservés malgré des transformations ultérieures. En 1998, la ville de Vienne racheta une grande partie du site, avant de le revendre en 2021 à un promoteur pour une reconversion en logements. Des fouilles archéologiques, menées depuis 1998, ont révélé des éléments du chœur, de la nef et du cloître, enrichissant la connaissance de ce monastère féminin.

La porte, unique élément classé du site, témoigne de l'architecture religieuse du XVIIe siècle et de l'histoire mouvementée de cette abbaye, marquée par des réformes monastiques, des conflits religieux et des transformations urbaines. Les recherches récentes, notamment les chantiers-écoles de l'Université Lyon 2, ont permis de documenter son évolution, depuis ses origines médiévales jusqu'à sa réutilisation contemporaine.

Aujourd'hui, bien que le cloître et les bâtiments conventuels soient en cours de rénovation pour des usages privés, la Porte de la Cour de l'Ambulance reste un symbole du patrimoine viennois. Son classement en 1924 et les études archéologiques continues soulignent son importance historique, liée à près de douze siècles de vie monastique féminine dans la région.

Liens externes

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