Frise chronologique
1228
Emmurement dans le château
Emmurement dans le château
1228 (≈ 1228)
Inclus dans le château des Archevêques.
1677
Première redécouverte partielle
Première redécouverte partielle
1677 (≈ 1677)
Dégagement et premiers relevés des décors.
1816
Redécouverte totale
Redécouverte totale
1816 (≈ 1816)
Identification complète du monument.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés.
1844
Dégagement total
Dégagement total
1844 (≈ 1844)
Libération de la gangue des remparts.
1854
Restauration et reconstitution
Restauration et reconstitution
1854 (≈ 1854)
Reconstruction du pilastre ouest par Brunette.
1983-1984
Restauration scientifique
Restauration scientifique
1983-1984 (≈ 1984)
Travaux menés par les Monuments Historiques.
2015-2023
Campagne de restauration moderne
Campagne de restauration moderne
2015-2023 (≈ 2019)
Couverture en plomb et restauration des parements.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Porte de Mars : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Prosper Mérimée - Écrivain et inspecteur des Monuments historiques |
A œuvré pour sa sauvegarde en 1840. |
| Narcisse Brunette - Architecte restaurateur |
Reconstitue le pilastre ouest en 1854. |
| Henri IV - Roi de France |
Ordonne la destruction du château en 1595. |
| Rémus - Figure mythologique romaine |
Légende locale lie Reims à sa fondation. |
| Charles Martel - Chef franc |
Refusé à la porte Bazée par l'évêque Rigobert. |
| Rigobert - Évêque de Reims |
Destitué après avoir refusé Charles Martel. |
Origine et histoire
La porte de Mars est un arc monumental gallo-romain érigé au début du IIIe siècle à Reims, alors appelée Durocortorum. Elle faisait partie des quatre arcs cardinaux de la ville antique, marquant l'entrée nord. Son nom provient d'un temple voisin dédié à Mars, dieu romain de la guerre. Avec 33 mètres de long et 13 mètres de haut, c'est le plus large arc connu du monde romain. Initialement symbole de grandeur urbaine sous le Haut-Empire, il fut intégré au IVe siècle dans le rempart de la ville, devenant une porte fortifiée.
L'arc fut ensuite emmuré dans le château des Archevêques au XIIIe siècle, ce qui assura sa conservation. Redécouvert partiellement en 1677 puis totalement dégagé en 1844, il fut restauré en 1854 après son classement comme monument historique en 1840. Ses décors, incluant des médaillons illustrant un calendrier agricole et des scènes mythologiques (comme Romulus et Rémus), sont aujourd'hui partiellement dégradés. Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas un arc de triomphe, ces derniers étant réservés à Rome.
La porte de Mars a bénéficié de campagnes de restauration majeures, notamment en 1983-1984 et entre 2015-2023, incluant la reconstitution de son architrave et la restauration de ses parements. Depuis 2011, sa mise en valeur urbaine a été renforcée par la piétonnisation des abords et la suppression d'un rond-point, révélant également des vestiges comme des ornières anciennes sous le porche. Le monument reste un témoignage exceptionnel de l'architecture gallo-romaine et de l'histoire urbaine de Reims.
Trois autres arcs existaient à l'origine aux entrées est, sud et ouest de Durocortorum : la porte Cérès (détruite en 1798), la porte Bazée (démolie en 1753, vestige classé en 1981) et la porte de Vénus (fouillée en 2007-2008). Ces arcs marquaient les axes cardinaux (cardo et decumanus) de la ville antique. La porte de Mars, seule subsistante, illustre ainsi l'importance stratégique et symbolique de Reims, liée à Rome par une légende fondatrice impliquant Rémus.
Les restaurations du XIXe siècle, menées par Narcisse Brunette sous l'impulsion de Prosper Mérimée, ont permis de sauver le monument, bien que certaines interventions aient été critiquées. Les travaux récents (2015-2023) ont modernisé sa protection contre les intempéries et restauré ses décors. Aujourd'hui, la porte de Mars est un emblème du patrimoine rémois, accessible aux piétons et mis en scène dans un espace urbain repensé pour en souligner la majesté.