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Porte du Fort Mortier à Neuf-Brisach dans le Haut-Rhin

Porte du Fort Mortier

    D52
    68600 Neuf-Brisach
Propriété de l'Etat
Crédit photo : Rauenstein - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1648
Traités de Westphalie
1697
Traité de Ryswick
1702
Achèvement de Neuf-Brisach
1870
Guerre franco-prussienne
1910
Installation d’un poste TSF
1932
Inscription aux Monuments Historiques
1940-1945
Seconde Guerre mondiale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Porte du Fort Mortier : inscription par arrêté du 28 juin 1932

Personnages clés

Vauban - Ingénieur militaire Reconfigura le fort après 1648.
Louis XIV - Roi de France Ordonna la construction de Neuf-Brisach.
Johann Bahl - Ingénieur autrichien Améliora les forts en 1614.
Colbert - Ministre de Louis XIV Nomma la demi-lune *fort Mortier*.

Origine et histoire

La Porte du Fort Mortier fait partie du Fort Mortier, une lunette pentagonale construite au XVIIe siècle près de Neuf-Brisach, sur la rive gauche du Rhin. Initialement nommé Jacobs Schantze, cet ouvrage en bois fut transformé par Vauban après 1648 en une position avancée défendant l’accès à Breisach. Après le traité de Ryswick (1697), il fut « retourné » pour protéger la nouvelle ville fortifiée de Neuf-Brisach, située à 3 km à l’est, et croiser ses tirs avec la citadelle.

Le fort, doté de fossés inondables et d’une caserne pour 300 hommes, joua un rôle clé lors des conflits du XVIIIe et XIXe siècles. Assiégé en 1870, il fut réparé sommairement avant d’être intégré à la Feste Neuf-Brisach sous administration allemande (1871). En 1910, un poste de TSF y fut installé, et en 1940, il devint une casemate de la ligne Maginot, théâtre de combats en 1940 et 1945.

L’architecture du fort, adaptée au contrôle fluvial, comprenait des pièces d’artillerie tirant vers Neuf-Brisach par-dessus les parapets (à barbette). La porte, inscrite aux Monuments Historiques en 1932, était surmontée d’un ouvrage de commandement remplacé en 1909 par une casemate. Les vestiges, situés près du port rhénan, sont aujourd’hui interdits d’accès mais visibles depuis la route D52.

À l’origine, le fort faisait partie d’un système défensif plus large incluant le Fort Saint-Jacques (ex-Italiener Schantze) et une ville neuve sur une île du Rhin, rasée après 1697. Les traités de Westphalie (1648) avaient marqué le passage de Breisach sous contrôle français, entraînant la reconfiguration des fortifications par Vauban. Le fort Mortier illustre ainsi les stratégies militaires de Louis XIV pour sécuriser la frontière rhénane.

Au XXe siècle, le site connut des usages civils : champignonnière dans les années 1970, après avoir perdu sa fonction militaire. Son histoire reflète les tensions franco-allemandes, depuis les guerres de Louis XIV jusqu’aux deux guerres mondiales, en passant par l’annexion alsacienne de 1871.

Liens externes