Frise chronologique
1673
Destruction de la bastide médiévale
Destruction de la bastide médiévale
1673 (≈ 1673)
Démolition de la troisième porte Saint-Martin.
1674
Construction de la porte actuelle
Construction de la porte actuelle
1674 (≈ 1674)
Érection sous Louis XIV par Pierre Bullet.
1862
Classement monument historique
Classement monument historique
1862 (≈ 1862)
Première liste des monuments protégés.
1988
Restauration du monument
Restauration du monument
1988 (≈ 1988)
Travaux de conservation menés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Louis XIV - Roi de France (1643–1715) |
Commanditaire de la porte pour ses victoires. |
| Pierre Bullet - Architecte |
Concepteur de la porte Saint-Martin. |
| François Blondel - Architecte et mentor |
Maître de Pierre Bullet, créateur de la porte Saint-Denis. |
| Pierre Ier Legros - Sculpteur |
Auteur du bas-relief *La Prise du Limbourg*. |
| Gaspard Marsy - Sculpteur |
Auteur de *La Défaite des Allemands*. |
Origine et histoire
La porte Saint-Martin est un monument parisien érigé en 1674 sous le règne de Louis XIV, à l’emplacement d’une ancienne porte de l’enceinte de Charles V. Commandée pour célébrer les victoires françaises sur le Rhin et en Franche-Comté, elle fut conçue par l’architecte Pierre Bullet, élève de François Blondel, créateur de la porte Saint-Denis voisine. Les murs adjacents de l’enceinte, aujourd’hui disparus, encadraient autrefois cet arc de triomphe de 18 mètres de haut, orné de bas-reliefs allégoriques.
L’édifice remplace trois portes médiévales successives, datées des Xe, XIIIe et XIVe siècles, qui jalonnent l’histoire défensive de Paris le long de la rue Saint-Martin. La dernière, une bastide du XIVe siècle, fut détruite en 1673 pour laisser place au monument actuel. Classée parmi les premiers monuments historiques en 1862, la porte Saint-Martin a bénéficié de restaurations en 1988 pour préserver ses sculptures et sa structure en pierre calcaire.
Les façades nord et sud de l’arc portent des inscriptions latines glorifiant Louis XIV, représenté en Mars ou en Hercule, symbolisant sa puissance militaire. Les bas-reliefs, œuvres de Pierre Legros, Gaspard Marsy, Étienne le Hongre et Martin van den Bogaert, illustrent des scènes comme La Prise du Limbourg (1675) ou La Rupture de la Triple Alliance. Ces allégories, combinées à l’utilisation de marbre pour l’attique, soulignent le faste artistique du Grand Siècle.
Située au croisement des Grands Boulevards et de l’axe Saint-Martin, la porte est aujourd’hui un repère urbain du 10e arrondissement, accessible via la station de métro Strasbourg - Saint-Denis. Son emplacement stratégique, à l’origine intégré à l’enceinte défensive, marque désormais la transition entre le centre historique et les faubourgs, témoignant de l’évolution de Paris depuis le Moyen Âge.