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Frise chronologique
1683
Création du Potager du roi
Création du Potager du roi
1683 (≈ 1683)
Jean-Baptiste de La Quintinie le conçoit pour Louis XIV.
1690
Publication de l'ouvrage de La Quintinie
Publication de l'ouvrage de La Quintinie
1690 (≈ 1690)
*Instruction pour les jardins fruitiers et potagers* paraît.
1789
Après la Révolution
Après la Révolution
1789 (≈ 1789)
Mis en location puis transformé en jardin d’application.
1874
Gestion par l'École nationale d'horticulture
Gestion par l'École nationale d'horticulture
1874 (≈ 1874)
Jusqu’en 1995, le potager devient un champ d’application.
1926
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1926 (≈ 1926)
Avec le parc Balbi, par arrêté ministériel.
1979
Inscription à l'UNESCO
Inscription à l'UNESCO
1979 (≈ 1979)
Intégré au patrimoine mondial avec le parc de Versailles.
1995
Transfert à l'ENSP
Transfert à l'ENSP
1995 (≈ 1995)
L’École nationale supérieure de paysage reprend la gestion.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Cet immeuble fait partie du Domaine national du château de Versailles institué par le décret n°2024-472 du 24 mai 2024. Les parties intérieures ont été classées au titre des Monuments historiques intégralement et de plein droit par ce décret.
Personnages clés
| Jean-Baptiste de La Quintinie - Créateur et directeur des potagers royaux |
Conçoit le potager en 1683 pour Louis XIV. |
| Louis XIV - Commanditaire du potager |
Veut un jardin productif et innovant. |
| Placide Massey - Directeur (1819-1848) |
Introduit le thermosiphon pour les serres. |
| Auguste Hardy - Directeur au XIXe siècle |
Gère le potager sous l’Institut national agronomique. |
| Antoine Jacobsohn - Directeur depuis 2007 |
Promouvoit la permaculture et l’écologie. |
| Jacques Beccaletto - Chef d'exploitation (1995-2011) |
Maintient les espaliers sans discontinuité. |
Origine et histoire
Le Potager du roi, situé à Versailles, fut créé en 1683 par Jean-Baptiste de La Quintinie à la demande de Louis XIV pour approvisionner la cour en fruits et légumes. Ce jardin potager de 9 hectares, structuré en jardin à la française, est voisin de l’Orangerie et de la cathédrale Saint-Louis. Son terrain marécageux fut drainé et remblayé avec de la terre extraite de la pièce d’eau des Suisses, puis enrichi avec du fumier des écuries royales. La Quintinie y expérimenta des techniques innovantes comme le forçage sous cloche ou la culture hors saison, faisant de ce potager une vitrine du savoir horticole français.
Après la Révolution, le Potager du roi fut successivement loué, transformé en jardin d’application, puis géré par l’École nationale d’horticulture de 1874 à 1995. Depuis 1995, il est sous la responsabilité de l’École nationale supérieure de paysage (ENSP). Classé Monument Historique en 1926 et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1979, il cultive aujourd’hui plus de 460 variétés fruitières et légumières, produisant 40 à 50 tonnes de fruits et 20 tonnes de légumes annuels. Ouvert au public depuis 1991, il attire près de 40 000 visiteurs par an.
Le Potager du roi se distingue par ses murs intermédiaires créant des microclimats, ses techniques de culture expérimentales (paillage, irrigation, serres chauffées) et son rôle dans l’acclimatation de plantes exotiques. La Quintinie y publia en 1690 son ouvrage Instruction pour les jardins fruitiers et potagers, décrivant ses méthodes révolutionnaires. Au XIXe siècle, Placide Massey y introduisit des techniques perfectionnées comme le thermosiphon pour chauffer les serres. Le jardin, initialement conçu avec des fruitiers taillés en gobelet, évolua vers des espaliers systématiques au XXe siècle, augmentant la charge d’entretien.
Aujourd’hui, le Potager du roi allie production horticole, recherche et pédagogie. Depuis 2011, des méthodes écologiques comme la permaculture y sont appliquées, bien que controversées. Le site, qui emploie des techniques durables pour préserver la fertilité des sols, reste un symbole de l’innovation agricole française. Ses murs, ses serres et ses collections végétales en font un lieu unique, où se mêlent patrimoine historique, biodiversité et transmission du savoir-faire.
Le Potager du roi est aussi un lieu de débats contemporains sur la gestion des jardins historiques. En 2018, l’association des Amis du Potager du Roi publia un Livre blanc critiquant certaines méthodes modernes, tandis que des intellectuels comme Erik Orsenna et Gilles Clément défendirent les choix écologiques des gestionnaires. Malgré ces tensions, le potager continue de produire, former et émerveiller, perpétuant l’héritage de La Quintinie tout en s’adaptant aux enjeux du XXIe siècle.