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Préfecture à Nanterre dans les Hauts-de-Seine

Préfecture

    167-177 Avenue Frederic et Irene Joliot Curie
    92000 Nanterre
Propriété de l’Etat
Préfecture
Préfecture
Crédit photo : Daniel Rodet - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Époque contemporaine
2000
2100
1964
Création des Hauts-de-Seine
1965
Mort de Le Corbusier
1969-1974
Construction du Palais de justice
21 janvier 2019
Inscription partielle aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui
3e quart XXe siècle
Période de construction

Patrimoine classé

Le hall d’accueil, les deux escaliers destinés au public, l’ancien salon de réception, l’ancienne salle du conseil avec son bar et son espace d’accès, les bureaux du Préfet, du Secrétaire général et Directeur de cabinet, ainsi que le couloir d’accès situé au vingt-quatrième étage du bâtiment (tel que délimité en rouge sur les plans annexés à l’arrêté), le tout étant situé au 167 à 177 avenue Joliot-Curie (cad. AF 570) : inscription par arrêté du 21 janvier 2019

Personnages clés

André Wogenscky - Architecte Disciple de Le Corbusier, concepteur du bâtiment.
Le Corbusier - Architecte (inspiration) Maître de Wogenscky, à l'origine du projet.
Marta Pan - Sculpteur Épouse de Wogenscky, inspiration pour la salle.
Henri Chauvet - Architecte urbaniste Collaborateur de Wogenscky sur le projet.
Alain Richard - Architecte d'intérieur Auteur de la décoration intérieure.
André Malraux - Initiateur du projet culturel À l'origine de la « Cité de la culture ».

Origine et histoire

La préfecture des Hauts-de-Seine, située à Nanterre dans la banlieue ouest de Paris, a été construite au 3e quart du XXe siècle. Ce bâtiment, conçu par l'architecte André Wogenscky, disciple de Le Corbusier, incarne les principes architecturaux modernes avec sa structure en « socle/bloc » : un bâtiment carré surmonté d'une tour de 25 étages et 113 mètres de hauteur. Initialement prévu pour abriter le musée du XXe siècle souhaité par André Malraux, il devient finalement le Centre administratif départemental (CAD), regroupant les services préfectoraux et administratifs des Hauts-de-Seine. La tour, classée Immeuble de Grande Hauteur (IGH), domine le paysage urbain et symbolise la présence de l'État.

Le projet s'inscrit dans une réorganisation administrative majeure : en 1964, le département de la Seine est divisé en quatre nouveaux départements, dont les Hauts-de-Seine. La préfecture de Nanterre devait faire partie d'une « Cité de la culture », incluant des équipements administratifs et culturels (palais de justice, musée, théâtre, écoles d'art). Après la mort de Le Corbusier en 1965, André Wogenscky, aidé par Henri Chauvet, reprend le projet et réalise un ensemble marqué par des éléments corbuséens comme les pilotis, les fenêtres bandeau, et le Modulor. La salle du conseil général, dite « Salle Chateaubriand », s'inspire d'une sculpture de Marta Pan, épouse de Wogenscky.

Le bâtiment, partiellement inscrit aux monuments historiques en 2019, abrite des éléments protégés comme le hall d’accueil, les escaliers publics, l’ancienne salle du conseil, et les bureaux du préfet. Il accueille également des services variés : Inspection académique, Finances Publiques, Police nationale, Banque de France, et directions départementales. Avec environ 1 400 agents en 2012, il reste un pôle administratif majeur. Construit sur pieux en raison de la nappe phréatique et d’anciennes champignonnières, il est adjacent au Palais de justice, également conçu par Wogenscky entre 1969 et 1974.

L’architecture du bâtiment reflète une volonté de transparence et de dialogue entre fonctionnaires, élus et citoyens, avec des jeux de matières, de couleurs et de rythmes. La décoration intérieure, en partie conservée, est signée Alain Richard. Le site, situé à la croisée d’axes urbains majeurs, est accessible par plusieurs stations de RER (Nanterre - Préfecture, Nanterre - Université) et lignes de bus. Son emplacement stratégique, entre la Grande Arche et la Seine, renforce son rôle central dans l’aménagement du territoire francilien.

La préfecture des Hauts-de-Seine illustre une période charnière de l’urbanisme français, où l’architecture moderne répondait aux besoins d’une administration décentralisée et d’une population en croissance. Son inscription partielle aux monuments historiques en 2019 souligne son importance patrimoniale, tant pour son style que pour son rôle dans l’histoire administrative de la région Île-de-France.

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