Frise chronologique
1602
Construction du premier temple
Construction du premier temple
1602 (≈ 1602)
Premier lieu de culte protestant hors enceinte.
1685
Destruction du premier temple
Destruction du premier temple
1685 (≈ 1685)
Suite à la révocation de l'édit de Nantes.
1802
Attestation d'un troisième temple
Attestation d'un troisième temple
1802 (≈ 1802)
Utilisé jusqu'au début du XXe siècle.
1906
Achèvement du temple actuel
Achèvement du temple actuel
1906 (≈ 1906)
Conçu par Augustin Rey, style éclectique.
26 octobre 1998
Classement monument historique
Classement monument historique
26 octobre 1998 (≈ 1998)
Protection intégrale du temple et de son décor.
1998
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1998 (≈ 1998)
Reconnaissance de son patrimoine architectural.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le temple, en totalité, y compris son décor intérieur (cad. BX 542) : inscription par arrêté du 26 octobre 1998
Personnages clés
| Augustin Rey - Architecte du temple |
Concepteur du bâtiment actuel (1906). |
| Félix Gaudin - Maître-verrier |
Auteur des vitraux du temple. |
| Louis Jaud et Marie Daniaud - Mécènes et fondateurs |
Initiateurs de la société *La Solidarité* en 1899. |
| Louis Jaud - Fondateur de *La Solidarité* |
Initiateur de l'acquisition du terrain. |
| Marie Daniaud - Fondatrice de *La Solidarité* |
Cofondatrice pour le nouveau temple. |
Origine et histoire
Le temple protestant de Saintes, situé dans le département de la Charente-Maritime, est le principal lieu de culte de l'Église protestante unie de cette ville depuis le début du XXe siècle. Son histoire remonte au XVIe siècle, lorsque la Réforme se diffuse à Saintes : un premier temple y est érigé vers 1603-1605 dans le quartier Saint-Vivien, hors des murs de la cité épiscopale, conformément aux restrictions imposées par l'édit de Nantes. Ce sanctuaire, dédié en 1602, est détruit en 1685 après la révocation de l'édit par l'édit de Fontainebleau, marquant une période de clandestinité pour le culte protestant local.
Au début du XIXe siècle, une petite salle attitrée près de la chapelle du collège permet à la communauté réformée de reprendre ses activités cultuelles. L'existence d'un troisième temple, utilisé jusqu'au début du XXe siècle, est attestée dès 1802. La vitalité de cette communauté aboutit, à l'initiative du couple Louis Jaud et Marie Daniaud, à la création en 1899 de la société civile La Solidarité. Celle-ci acquiert un terrain sur le cours Reverseaux pour y construire un nouveau lieu de culte, confié à l'architecte parisien Augustin Rey.
Inauguré en 1906, le temple actuel se distingue par son architecture éclectique, mêlant béton armé, pierre, et influences néo-romanes, néo-byzantines et art nouveau. Augustin Rey conçoit un édifice rectangulaire à nef voûtée, flanquée de bas-côtés surmontés de tribunes pour accroître sa capacité. La façade, ornée de motifs végétaux et géométriques, et les vitraux signés Félix Gaudin – notamment la baie zénithale cruciforme de 15 mètres – illustrent cette fusion stylistique. Classé monument historique en 1998 pour son originalité, le temple reste un symbole de la persévérance protestante en Saintonge.
L'intérieur, où la structure en béton est recouverte d'un enduit plâtre rosé gravé de faux appareils, reflète une volonté de concilier modernité technique et références historiques. Le vitrail zénithal, chef-d'œuvre de Félix Gaudin, maître-verrier réputé de la fin du XIXe siècle, renforce la dimension artistique du lieu. Propriété d'une association cultuelle, le temple perpétue aujourd'hui la mémoire des lieux de culte protestants détruits à Saintes, tout en incarnant l'adaptation architecturale des communautés réformées au XXe siècle.