Origine et histoire du presbytère
L’ancien presbytère de Montourtier, situé dans le département de la Mayenne, aurait été construit à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle par la famille Montecler, seigneurs de Bourgon. Destiné à servir de relais de chasse ou de fauconnière, le bâtiment présente des éléments architecturaux liés à la chasse, comme des sculptures d’animaux (chien, sanglier, belette) et des trous de boulin pour les pigeons. Ces détails suggèrent son usage initial avant sa transformation en logement clérical.
En 1508, Jean de Montecler, propriétaire des lieux, offrit le bâtiment à la paroisse de Montourtier pour y loger son parent, François de Bellée, nommé curé. Les armoiries des familles Montecler et Bellée, apposées sur la façade et la lucarne, témoignent de cette transition. François de Bellée, chanoine puis curé, marqua son passage en fondant la chapelle Sainte-Barbe dans l’église locale (1554) et en érigeant un calvaire près du château de Bourgon, orné des blasons familiaux.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le presbytère abritera des curés au parcours atypique, comme Brandelis de Valory, ancien marié revenu à la prêtrise, ou l’abbé Pierre Reverdy, passionné de chasse et contraint à une absolution épiscopale en 1700. Sous Louis XV, des démolitions partielles furent autorisées pour réduire les coûts d’entretien, suivies de restaurations menées par le curé Joseph Thoumin de Vauxpont. La Révolution transforma le presbytère en caserne puis en lieu de débauche, avant son retour à l’usage religieux sous le Concordat.
Au XIXe siècle, les châtelains de Bourgon (famille Le Nicolais de Clinchamp) financèrent d’importants travaux, reconstruisant une partie du logis et surélevant l’ancienne boulangerie. Le presbytère servit jusqu’en 1977, date de sa vente par la commune. Classé Monument historique en 1927, il illustre l’évolution d’un édifice cynégétique en symbole du patrimoine religieux et seigneurial mayennais.
L’architecture du presbytère mêle des traces de sa vocation première (éléments de fauconnerie) à des ajouts liés à sa fonction ecclésiastique. Les blasons des Montecler et Bellée, encore visibles, rappellent les liens entre noblesse locale et clergé, tandis que les modifications successives reflètent les besoins changeants de la paroisse, des guerres de Religion à la Révolution.