Origine et histoire des Presbytères français et polonais
L’église Notre-Dame-des-Mineurs de Waziers, construite entre 1923 et 1927 par les architectes Louis Marie Cordonnier et son fils Louis-Stanislas, fut édifiée pour accueillir les mineurs polonais immigrés dans les années 1920. Commanditée par la Compagnie des mines d’Aniche, elle s’inscrit dans la Cité de la Clochette, un ensemble urbain inspiré des cités-jardins, mêlant briques rouges, pierre blanche et tuiles pour éviter la monotonie. L’intérieur évoque les galeries minières, avec un mobilier incrusté de mosaïques et des vitraux d’une grande simplicité. Le chiffre 3, symbolisant la Trinité, structure l’architecture : trois portes, trois vitraux par pignon, trois colonnades sur le clocher tronqué.
Les presbytères attitrés, protégés depuis 2010 pour leurs façades et toitures, allient tradition classique (lucarnes serliennes), pittoresque néo-régionaliste (tourelles, faux colombages) et éléments Art Déco (bow-windows, anthropomorphisme). Ils complètent un patrimoine religieux marqué par l’influence polonaise, notamment sous l’impulsion du prêtre François Wojtyla, cousin de Jean-Paul II. Ce dernier joua un rôle clé dans la revitalisation de l’église au XXIe siècle, après sa cession à une association diocésaine en 2001. L’édifice, classé aux monuments historiques en 2010 et au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, abrite depuis 2014 une relique de Jean-Paul II : un fragment de sa soutane ensanglantée après l’attentat de 1981.
La Cité de la Clochette, dont l’église est le cœur, regroupait trois quartiers (Notre-Dame, la Clochette, Berce-Gayant) autour d’équipements collectifs comme des écoles et un patronage. Ce dernier se distingue par une façade anthropomorphe, reflétant l’originalité typologique du site. Les matériaux variés (brique, pierre, tuile) et les décors soignés visaient à humaniser l’espace industriel. L’ensemble illustre l’intégration des communautés immigrées, notamment polonaises, dans le bassin minier du Nord, où la foi catholique servait de ciment social. Aujourd’hui, l’église reste un lieu de pèlerinage, avec une célébration mensuelle dédiée à la relique papale.
L’histoire de Waziers remonte bien avant le XXe siècle : dès 1123, l’abbaye de Marchiennes y possédait une dîme, cédée plus tard au chapitre de Saint-Pierre de Douai. Au Moyen Âge, la seigneurie locale, comme celle d’Hellin de Wavrin (1229), finançait des chapelles castrales ou urbaines. Cependant, c’est l’industrialisation minière qui transforma radicalement le village, attirant des milliers de Polonais dont la culture et la spiritualité marquèrent durablement le paysage. Le prêtre François Wojtyla, arrivé en 1981, perpétua ce lien en faisant de l’église un symbole de la mémoire ouvrière et migratoire, renforcé par la présence de la relique.