Frise chronologique
XIe siècle
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
XIe siècle (≈ 1150)
Par la princesse Gisèle, petite-fille de Charlemagne.
1193
Séjour d'Ingeburge de Danemark
Séjour d'Ingeburge de Danemark
1193 (≈ 1193)
Épouse répudiée de Philippe II Auguste.
1208
Intervention du pape Innocent III
Intervention du pape Innocent III
1208 (≈ 1208)
Régulation des converses et chanoines.
1825
Érection en majorat par Charles X
Érection en majorat par Charles X
1825 (≈ 1825)
Pour Marie-François-Joseph de Louvencourt.
1975
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
1975 (≈ 1975)
Façades, toitures et portail protégés.
29 juin 2023
Incendie du prieuré
Incendie du prieuré
29 juin 2023 (≈ 2023)
Dégâts non précisés dans les sources.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ; portail d'entrée (cad. A 678, 679) : inscription par arrêté du 24 septembre 1975
Personnages clés
| Gisèle - Princesse fondatrice |
Petite-fille de Charlemagne, fonda le prieuré. |
| Innocent III - Pape (1198–1216) |
Ordonna la régulation des converses. |
| Ingeburge de Danemark - Reine de France |
Y fut exilée après son mariage. |
| Philippe II Auguste - Roi de France (1180–1223) |
Époux d’Ingeburge, initia l’annulation. |
| Charles X - Roi de France (1824–1830) |
Érigea le domaine en majorat. |
| Marie-François-Joseph de Louvencourt - Marquis et bénéficiaire |
Reçut les terres par lettres patentes. |
Origine et histoire
Le prieuré Beaurepaire, aussi appelé Belus reditus, est un ancien prieuré de chanoines situé à Somain (Nord), dans le quartier de De Sessevalle. Fondé au XIe siècle par la princesse Gisèle, épouse du comte Everard et petite-fille de Charlemagne, il était initialement destiné à des religieuses ou sœurs converses. Le site est mentionné dès 1219 sous les noms Biau Repaire ou Belluus Reditus, avec ses terres, bois (comme le bois de Biarche) et cours d’eau, liés à des lieux-dits locaux comme la ferme des Raines ou le marais. Dès le XIIe siècle, la cohabitation entre chanoines et converses suscita des tensions, conduisant le pape Innocent III à ordonner en 1208 une régulation de leur nombre, limitée à douze converses.
En 1193, le prieuré accueillit Ingeburge de Danemark, épouse répudiée du roi Philippe II Auguste, après son mariage controversé à Amiens. Le roi tenta d’annuler l’union, et Ingeburge fut d’abord envoyée au prieuré de Saint-Maur avant d’être transférée à Beaurepaire. Au XIIIe siècle, l’évêque d’Arras intervint à nouveau pour interdire l’accueil de nouvelles converses, prévoyant leur remplacement progressive par des chanoines après leur décès. Le prieuré, reconstruit au XVIIIe siècle, devint une résidence privée, habitée notamment par M. Morel, maire de Somain. Ses larges fossés, autrefois remplis d’eau, et ses passages souterrains (dont la longueur reste inconnue) témoignent de son passé médiéval.
Le site fut inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1975 pour ses façades, toitures et portail d’entrée. Au XIXe siècle, il fut au cœur d’un litige juridique avec la ville de Somain concernant deux parcelles de terrain, résolu par un jugement en 1831. En 1825, le roi Charles X érigea une partie de ses terres en majorat pour Marie-François-Joseph de Louvencourt, incluant le bois de Beaurepaire. Proche des mines d’Aniche, le prieuré voit son environnement transformé par l’industrialisation, avec la construction de la cité Beaurepaire. Un incendie a endommagé le site le 29 juin 2023.