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Prieuré d'Alspach à Kaysersberg dans le Haut-Rhin

Patrimoine classé Patrimoine religieux Prieuré Eglise romane

Prieuré d'Alspach

  • Route de Lapoutroie
  • 68240 Kaysersberg Vignoble
Prieuré dAlspach
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Prieuré dAlspach
Crédit photo : Paul Eigner. (recadré par Ji-Elle) - Sous licence Creative Commons
Propriété d'une association
12 Rue du Val Saint-Jean (Kaysersberg) 68240 Kaysersberg Vignoble

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1800
1900
2000
vers 1000
Fondation bénédictine
1049
Affiliation à Hirsau
1138-1149
Reconstruction romane
1282
Vente aux clarisses
1898
Classement MH
1972
Restauration culturelle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Couvent d'Alspach : classement par arrêté du 6 décembre 1898

Personnages clés

Hugues IV d'Eguisheim - Comte fondateur Créa le prieuré vers 1000 avec Heilwige.
Heilwige d'Eguisheim - Comtesse fondatrice Épouse de Hugues IV, parente de Léon IX.
Ortlieb - Évêque de Bâle Consacra l’église en 1149.
Anne de Germanie (Gertrude de Hohenberg) - Reine protectrice Soutint la vente aux clarisses en 1282.

Origine et histoire du Prieuré d'Alspach

Le prieuré d'Alspach, situé à deux kilomètres de Kaysersberg dans le val Saint-Jean, fut fondé au début du XIe siècle (vers l'an 1000) par le comte d'Eguisheim Hugues IV et son épouse Heilwige, parents du pape Léon IX. Initialement occupé par des moines bénédictins, il fut affilié en 1049 à la congrégation de Hirsau, une abbaye souabe. Le site fut entièrement reconstruit entre 1138 et 1149 à son emplacement actuel, avec une église dédiée à saint Jean-Baptiste et à la Vierge, consacrée en 1149 par Ortlieb, évêque de Bâle. L’architecture romane de cette période inclut une nef à six travées, des chapiteaux sculptés de feuillages, et un portail orné de billettes.

Entre le XIIe et le XIIIe siècle, les bénédictins consolidèrent leur domaine en acquérant des terres à Kientzheim, Sigolsheim, Ammerschwihr et Colmar. Cependant, l’abbaye de Hirsau, endettée, céda Alspach en 1282 aux clarisses de Kientzheim, soutenues par la reine Anne de Germanie (Gertrude de Hohenberg). Le chœur gothique fut alors agrandi et consacré vers 1283. Les bâtiments conventuels, reconstruits au XVIIIe siècle, abritèrent après la Révolution une manufacture de tissage, puis une cartonnerie au XIXe siècle, entraînant la destruction partielle de l’église.

Classé monument historique en 1898, le prieuré ne conserve aujourd’hui que la nef centrale romane et le collatéral sud, intégrés depuis 2000 dans une cour industrielle. Six chapiteaux sculptés (dont un représentant une dame avec un chevreuil et un renard) furent déplacés au musée Unterlinden de Colmar. Les vestiges, restaurés en 1972 par la société d’histoire de Kaysersberg, servent désormais de salle culturelle. Le nom Alspach provient de la rivière Weiss, autrefois appelée Alenspech, attestée sous les formes Alwisbach (1130) ou Alaspech (1364).

Le site illustre les transformations monastiques médiévales, passant d’un prieuré bénédictin prospère — marqué par des acquisitions foncières et une architecture romane remarquable — à un couvent de clarisses, avant sa reconversion industrielle. Les peintures murales (dont un saint Christophe médiéval aujourd’hui disparu) et les vestiges du cloître témoignent de son riche passé religieux. Après 1794, l’abbaye devint une teinturerie, puis une usine de pâte à bois (Weibel, 1879), avant d’être préservée comme patrimoine local.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours