Frise chronologique
1162
Première mention écrite
Première mention écrite
1162 (≈ 1162)
Cité dans les titres de Labussière.
2e moitié XIIe siècle
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
2e moitié XIIe siècle (≈ 1250)
Construction de l'église priorale romane.
1267
Visite de l'abbé de Cluny
Visite de l'abbé de Cluny
1267 (≈ 1267)
État de délabrement avancé.
XVIe siècle
Construction du colombier
Construction du colombier
XVIe siècle (≈ 1650)
Architecture civile ajoutée au site.
1791
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1791 (≈ 1791)
Démembrement du prieuré après Révolution.
1987
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1987 (≈ 1987)
Protection des vestiges restants.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Vestiges de l'église Saint-Pierre (cad. E 269) : classement par arrêté du 10 février 1987 ; Colombier (cad. E 271) : inscription par arrêté du 10 février 1987
Personnages clés
| Antoinette de Bauffremont - Dame de Mont-Saint-Jean |
Inhumée au prieuré en 1488. |
| Claude Beauvoir de Chastellux - Maréchal de France (†1453) |
Commanditaire d’un tombeau au prieuré. |
| Antoine de Luxembourg - Seigneur et bienfaiteur |
Finance des verrières au XVIe siècle. |
| Daniel Viard - Prieur (fin XVIIe siècle) |
Reprise de fief en 1686-1689. |
| Jean-Baptiste Poulain - Ancien maire et acquéreur |
Acheteur du prieuré en 1791. |
Origine et histoire
Le prieuré Saint-Pierre de Glanot, situé dans le hameau de Glanot à Mont-Saint-Jean (Côte-d'Or), est un prieuré bénédictin fondé au XIIe siècle sous la dépendance de l'abbaye de Cluny. Il est mentionné dès 1162 dans les archives de l'abbaye de Labussière. Son église priorale, dédiée à saint Pierre, servait aussi d'église paroissiale jusqu'au XVe siècle. Elle abritait douze autels et plusieurs chapelles funéraires, dont celles des seigneurs de Mont-Saint-Jean comme Antoinette de Bauffremont (†1488) ou Claude Beauvoir de Chastellux (†1453), maréchal de France. Une source miraculeuse dédiée à saint Maur, réputée guérisseuse, alimentait le prieuré via un canal voûté.
Au XIIIe siècle, le prieuré est en ruine : l'église est sans toit, les vitraux manquants, et les moines vivent dans des conditions précaires. Malgré cela, Glanot conserve des droits de présentation pour six églises locales, générant des revenus. En 1267, l'abbé de Cluny inspecte les lieux. Au XVIe siècle, un colombier est construit, et Antoine de Luxembourg finance des verrières pour l'église. Le prieuré décline après la Révolution : vendu comme bien national en 1791, ses bâtiments sont partiellement démolis, et l'église, déjà ruinée en 1816, voit son mobilier dispersé.
Aujourd’hui, il ne reste que des vestiges de l’église romane (bas-côté nord, bras du transept, chapelle) et le colombier du XVIIe siècle, classé Monument Historique en 1987. Les chapiteaux du XIIe siècle, les tombes seigneuriales disparues, et une statue de saint Maur (transférée au musée d’Autun) témoignent de son passé. Le site illustre l’architecture clunisienne bourguignonne et les liens entre pouvoir seigneurial et religieux au Moyen Âge.
Le prieuré tirait ses revenus de redevances seigneuriales (froment, vin, moutons) et de droits paroissiaux. Son déclin s’accélère après la Révolution : l’église, enclavée dans une propriété privée, est abandonnée. En 1833, un litige oppose la commune aux propriétaires, accusés d’avoir démoli des parties du bâtiment et volé son mobilier. Les derniers éléments notables, comme un bas-relief du tombeau d’Antoinette de Bauffremont, sont dispersés au XIXe siècle.
L’organisation spatiale du prieuré reflétait son importance : l’église, de grandes dimensions, dominait le hameau de Glanot, près de la forêt morvandelle. Les terrasses aménagées autour du site et la source sacrée soulignent son rôle à la fois religieux, économique (dîmes, aumônes) et social (inhumations nobles). Les vestiges actuels, bien que fragmentaires, permettent d’étudier l’évolution architecturale entre le XIIe et le XVIIe siècle, marquée par l’influence clunisienne puis les transformations post-médiévales.