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Prieuré de Grosbois à Gipcy dans l'Allier

Prieuré de Grosbois

    2 Chemin du Prieuré Saint Jean de Gros Bois
    03210 Gipcy
Propriété de l'Etat

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1900
2000
fin XIIe siècle
Fondation du prieuré
1295
Six religieux présents
1317
Réforme par Jean XXII
XVe siècle
Fenêtres à accolades
1928
Rachat par l'État
9 décembre 1929
Inscription MH
1985
Restauration de l'aile sud
fin XIXe siècle
Destruction de l'église
2000
Création de l'écomusée
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Prieuré de Grosbois (les restes du) : inscription par arrêté du 9 décembre 1929

Personnages clés

Jean XXII - Pape (1316–1334) Réforma l’ordre de Grandmont
Ducs de Bourbon - Mécènes Donateurs du prieuré
Famille de Saint-Hilaire - Propriétaires Renaissance Logis au prieuré

Origine et histoire

Le prieuré Saint-Jean de Grosbois, fondé à la fin du XIIe siècle, était un prieuré grandmontain placé sous le vocable de saint Jean. Situé dans la forêt domaniale des Prieurés Grosbois, près de Gipcy (Allier), il suivait le plan typique des prieurés grandmontains, organisé autour d’un cloître en carré. L’aile sud, encore debout, abritait le réfectoire des moines et une cuisine dotée d’une cheminée Renaissance ornée de dix-huit bustes. L’église, au nord, et les autres ailes (salle capitulaire, dortoir, maison des hôtes) ont partiellement disparu.

À partir de 1295, le prieuré comptait six religieux et bénéficiait de donations, notamment des ducs de Bourbon. En 1317, le pape Jean XXII réforme l’ordre de Grandmont, unissant Grosbois au prieuré de Chavanon (Combronde), réduisant son statut à celui d’une simple celle (ferme monastique). À la Renaissance, il devint un logis pour la famille de Saint-Hilaire. Entouré autrefois de remparts et d’un fossé, il fut transformé en exploitation agricole avant d’être racheté par l’État en 1928. Inscrit aux Monuments Historiques en 1929, il abrite depuis 2000 un écomusée forestier et un arboretum.

L’aile sud, restaurée à partir de 1985 par l’Office National des Forêts, est l’une des mieux conservées des prieurés grandmontains. Elle conserve sept lancettes et un réfectoire de 14 mètres sur 5,80 mètres. L’église, détruite à la fin du XIXe siècle, fermait autrefois le côté nord. Le site, accessible par la RD 18, se situe à 300 mètres d’altitude, au cœur d’un milieu forestier préservé. Les fenêtres romanes des parties basses et les baies du XVe siècle témoignent de son évolution architecturale.

Le prieuré illustre l’histoire de l’ordre de Grandmont, marqué par une austérité initiale et des réformes ultérieures pour rationaliser la gestion des petits prieurés. Son déclin en exploitation agricole reflète les bouleversements post-Révolution, tandis que sa reconversion en écomusée valorise aujourd’hui son patrimoine forestier et monastique. Les corbeaux sculptés sur la façade nord et les vestiges des remparts rappellent son passé défensif et religieux.

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