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Prieuré de l'Oiselière à Saint-Planchers dans la Manche

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Prieuré
Manche

Prieuré de l'Oiselière

    Le Bourg
    50400 Saint-Planchers
Propriété privée
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Prieuré de lOiselière
Crédit photo : Xfigpower - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1900
2000
1022
Fondation par Richard II
1321
Première mention de l’Oiselière
1420
Occupation par l’abbé Jolivet
1442
Pillage par les Français
1509
Travaux Renaissance
1587
Mort d’Arthur de Cossé
27 novembre 1989
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Mur d'enceinte avec le portail d'entrée ; logis prioral ; façades et toitures des bâtiments en équerre de la ferme ; puits ; boulangerie avec son four ; colombier (cad. B 508, 510, 511, 1270) : inscription par arrêté du 27 novembre 1989

Personnages clés

Richard II (duc de Normandie) - Fondateur Donne Saint-Pair au Mont-Saint-Michel en 1022.
Abbé Jolivet - Abbé du Mont-Saint-Michel Refugié à l’Oiselière en 1420.
Guillaume de Lamps - Abbé restaurateur Travaux Renaissance vers 1509.
Arthur de Cossé - Évêque et abbé commendataire Meurt au prieuré en 1587.
Thomas Le Roy - Chroniqueur Auteur de *Curieuses Recherches* (XVIIe).

Origine et histoire

Le prieuré de l'Oiselière, situé à Saint-Planchers près de Granville, trouve ses origines au XIe siècle comme dépendance de l’abbaye du Mont-Saint-Michel. Fondé en 1022 par Richard II de Normandie, il servait à l’exploitation des terres et à la collecte des taxes, tout en abritant une justice seigneuriale. Le site, entouré de murs fortifiés et de douves, est mentionné pour la première fois sous le nom d’Oiselière en 1321, lors de la construction de sa chapelle. Le bois de la Prael, lié au prieuré, est cité dès 1294 dans des actes de donation aux moines.

Pendant la guerre de Cent Ans, le prieuré subit des dommages majeurs. En 1420, l’abbé Jolivet, réfugié à l’Oiselière, négocie avec le roi d’Angleterre pour conserver les revenus du Mont-Saint-Michel, laissant les moines dans la pauvreté. En 1442, après 25 ans d’occupation anglaise, les Français reprennent Granville et pillent le manoir, l’incendiant partiellement. Ces conflits marquent un déclin temporaire du site.

À la Renaissance, l’abbé Guillaume de Lamps entreprend d’importants travaux entre 1509 et 151X, ajoutant une aile ouest au manoir et aménageant des jardins en terrasse à la place des anciens remparts. Son frère achève ces transformations, donnant au prieuré son style gracieux caractéristique. Le site devient aussi un refuge pour des personnalités comme Arthur de Cossé (1562–1587), évêque de Coutances et abbé commendataire du Mont-Saint-Michel, qui y meurt en 1587.

Les abbés commendataires, plus soucieux de revenus que d’entretien, laissent le logis se dégrader. En 1698, l’Oiselière est décrite comme une baronnie, soulignant l’étendue de son domaine, incluant le bois de Prael (disparu depuis). À la Révolution, les terres sont vendues comme biens nationaux. Au XIXe siècle, le site est pillé pour ses matériaux : la chapelle est divisée en logements, et les défenses (douves, enceinte) tombent en ruine.

La restauration débute après son inscription aux Monuments historiques le 27 novembre 1989. Les travaux révèlent des éléments des XIe, XVIe et XVIIIe siècles, comme des contreforts, une tourelle défensive, ou une fontaine circulaire du XVIe. Aujourd’hui, le prieuré conserve son manoir, sa ferme, un colombier imposant (témoin d’un domaine de 12 000 acres), et des jardins à la française, le tout en poudingue et schiste.

L’ensemble illustre les liens étroits entre le Mont-Saint-Michel et la Normandie médiévale, ainsi que les transformations architecturales liées aux conflits et aux périodes de paix. Son histoire reflète aussi les enjeux économiques et religieux des abbayes normandes, entre exploitation seigneuriale et déclin post-Révolution.

Liens externes