Fondation comme dépendance XIIe siècle (≈ 1250)
Rattachement à l’abbaye Saint-Julien de Tours
Fin XIIe–début XIIIe siècle
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle Fin XIIe–début XIIIe siècle (≈ 1325)
Éléments romans initiaux encore visibles
XVe–XVIe siècle
Transformation du manoir
Transformation du manoir XVe–XVIe siècle (≈ 1650)
Façade et tourelles défensives ajoutées
XVIe siècle
Modifications gothiques
Modifications gothiques XVIe siècle (≈ 1650)
Voûtes et fresques dans la chapelle
1762
Dernier clocher attesté
Dernier clocher attesté 1762 (≈ 1762)
Disparu depuis, emplacement visible
1963
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1963 (≈ 1963)
Chapelle et logis protégés
1996
Redécouverte des fresques
Redécouverte des fresques 1996 (≈ 1996)
Peintures sur les chapiteaux
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures du logis du 16s ; chapelle du 13s (intérieurs et extérieurs) (cad. H 152, 153) : inscription par arrêté du 16 décembre 1963
Personnages clés
André Duret - Artiste peintre
Auteur des vitraux modernes
Évêque anonyme - Légende locale
Prétendu inhumé avec crosse en or
Origine et histoire
Le prieuré de la Chaise, fondé comme dépendance de l’abbaye Saint-Julien de Tours, est un ancien prieuré bénédictin situé à Saint-Georges-sur-Cher, en Loir-et-Cher. Son histoire remonte au moins au XIIe siècle, bien que les vestiges actuels datent principalement des XIIIe et XVIe siècles. La chapelle, de plan rectangulaire à double travée voûtée, mêle des éléments romans (fin XIIe–début XIIIe) et gothiques (transformations du XVIe). Ses clés de voûte, dont l’une représente l’agneau pascal, et ses chapiteaux ornés de feuillages, témoignent de cette dualité stylistique. Des fresques du XVIe siècle, partiellement visibles, ainsi qu’une armoire eucharistique et des piscines liturgiques, soulignent son usage religieux.
Le manoir atteste quant à lui de l’architecture civile de la Renaissance touangelle. Sa façade du XVe–XVIe siècle, flanquée de deux tourelles en encorbellement et d’une tour polygonale abritant un escalier en vis, conserve des traces défensives comme des corbeaux de mâchicoulis. Une cave voûtée en berceau brisé du XIIe siècle, sous l’aile est ajoutée vers 1830, rappelle l’ancienne organisation monastique. Le site, inscrit aux monuments historiques en 1963, inclut aussi des communs (écuries ou granges) et une cour, reflétant son rôle à la fois spirituel et agricole.
Une légende locale évoque l’inhumation d’un évêque dans la chapelle, avec une crosse en or, bien qu’aucune preuve archéologique ne l’atteste. Les vitraux modernes ont été remplacés par l’artiste André Duret, marquant une réappropriation contemporaine du patrimoine. Proche des châteaux de la Loire comme Chenonceau, le prieuré illustre le maillage religieux et seigneurial de la région, entre pouvoir abbatial (Tours) et influence des grands féodaux.
Les éléments protégés depuis 1963 comprennent les façades et toitures du logis du XVIe siècle, ainsi que la chapelle (intérieur et extérieur) du XIIIe. Un plan de 1762 mentionne un clocher aujourd’hui disparu, dont l’emplacement reste visible sous la toiture. Les traces de peintures murales, redécouvertes en 1996 sur les chapiteaux, et les oculus romans murés au nord, offrent des indices sur les transformations successives du bâtiment.
Architecturalement, la chapelle se distingue par ses voûtes angevines (croisées d’ogives aux nervures moulurées) et ses contreforts extérieurs à glacis. Les trois fenêtres à lancette du chevet plat, dont une centrale élargie, ainsi que les deux piscines à burettes dans une niche gothique, confirment son usage liturgique. Le logis, typique des manoirs de Touraine, allie fonction résidentielle (habitation du prieur) et symboles de prestige, comme les têtes sculptées des mâchicoulis surveillant l’entrée.