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Prieuré de la Haie-aux-Bonshommes à Avrillé en Maine-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine religieux Prieuré

Prieuré de la Haie-aux-Bonshommes

    Allée du Chêne Fournier
    49240 Avrillé
Propriété d'une société privée ; propriété privée
Prieuré de la Haie-aux-Bonshommes
Prieuré de la Haie-aux-Bonshommes

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1177
Fondation du prieuré
1178–1182
Construction initiale
XIVe siècle (2e moitié)
Peintures murales
1772
Suppression de l’ordre
1791
Vente comme bien national
1947
Protection monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades Ouest des bâtiments conventuels : inscription par arrêté du 1er avril 1947 ; Chapelle : classement par arrêté du 6 mai 1947 ; Façades et toitures de la maison du Prieur ainsi que le jardin et les terrasses dépandants du Prieuré (cad. A 1531, 1532) : inscription par arrêté du 5 mars 1965

Personnages clés

Henri II Plantagenêt - Roi d’Angleterre et duc d’Anjou Fondateur et mécène du prieuré (donations, privilèges).
Roger de Beaufort (Grégoire XI) - Pape (1370–1378) et ancien prieur Commanditaire présumé des fresques du XIVe siècle.
Claude Ligier - Prieur commendataire (XVIIe siècle) Reconstruit le prieuré et érige une demeure privée.
Joachim Pierre Tratouin - Acquéreur révolutionnaire (1791) Acheteur des biens nationaux du prieuré.

Origine et histoire

Le prieuré de la Haie-aux-Bonshommes, fondé vers 1177 à Avrillé (Maine-et-Loire) par les seigneurs Raoul et Étienne de Véo avec le soutien d’Henri II Plantagenêt, est une celle grandmontaine destinée à soigner les moines lépreux. Le roi y accorde privilèges (exemption fiscale, droit d’asile) et donations (vignes, moulin de Montreuil), confirmés en 1304 par Philippe III le Hardi. L’église du XIIe siècle, classée, conserve une abside en cul-de-four et des peintures murales du XIVe siècle commandées sous le priorat de Roger de Beaufort, futur pape Grégoire XI (1370–1378), dernier pape d’Avignon.

Au Moyen Âge, le prieuré abrite une dizaine de moines dédiés à la prière et aux soins, avec une chapelle latérale réservée aux lépreux. En 1317, il devient prieuré par rattachement de la celle de Craon. Les fresques, datant de la seconde moitié du XIVe siècle, illustrent des scènes bibliques comme Jacob et l’échelle ou Adam nommant les animaux. La léproserie attitrée disparaît en 1440, mais le site reste un lieu de charité.

Aux XVIe–XVIIe siècles, le prieuré est reconstruit partiellement : l’aile ouest adopte une façade classique, et l’aile sud est remaniée, tandis que l’aile est, détruite à la Révolution, est reconstruite au XIXe siècle par les Dominicains. En 1600, le prieur commendataire Claude Ligier, aumônier royal, y érige une demeure privée à 300 mètres du monastère. Supprimé en 1772 avec l’ordre de Grandmont, le prieuré est vendu comme bien national en 1791, devenant ferme puis colonie de vacances au XXe siècle.

Au XXe siècle, le site est racheté en 1974 par le Mouvement de la jeunesse catholique, puis en 1979 par la fraternité Saint-Dominique, qui y installe une communauté traditionaliste. Les bâtiments, protégés dès 1947 (classement de la chapelle, inscription des façades conventuelles), sont restaurés. Les Dominicains d’Avrillé, initialement proches de la FSSPX, s’en distancient en 2014. Les fresques, le cloître charpenté et la chapelle oratoire (XIIe siècle) témoignent de son héritage médiéval et hospitalier.

L’architecture mêle éléments roman (nef voûtée en berceau, triplet de fenêtres) et classiques (escalier du XVIIe siècle). Le vitrail en grisaille cistercienne et les peintures murales, attribuées à Grégoire XI, soulignent son rôle spirituel et artistique. Le prieuré illustre aussi les tensions entre patrimoine religieux et réaffectations profanes, de la Révolution à nos jours.

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