Crédit photo : L’auteur n’a pas pu être identifié automatiquement - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
777
Fondation par Charlemagne
Fondation par Charlemagne
777 (≈ 777)
Création du couvent « Squirs »
848
Destruction normande
Destruction normande
848 (≈ 848)
Couvent rasé par les Vikings
977
Charte de restauration
Charte de restauration
977 (≈ 977)
Refondation par Gombaud de Bazas
1004
Assassinat d’Abbon de Fleury
Assassinat d’Abbon de Fleury
1004 (≈ 1004)
Meurtre par un moine gascon
1186-1194
Construction du château des Quat’Sos
Construction du château des Quat’Sos
1186-1194 (≈ 1190)
Déplacement de l’église Saint-Pierre
1577
Incendie protestant
Incendie protestant
1577 (≈ 1577)
Destruction partielle du prieuré
1627
Réforme mauriste
Réforme mauriste
1627 (≈ 1627)
Adoption par les moines
1704-1764
Reconstruction du prieuré
Reconstruction du prieuré
1704-1764 (≈ 1734)
Travaux dirigés par Maurice Murcy
1790
Nationalisation révolutionnaire
Nationalisation révolutionnaire
1790 (≈ 1790)
Devenu bien de l’État
1925
Classement monument historique
Classement monument historique
1925 (≈ 1925)
Protection du site et éléments
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
En totalité, l'ancien prieuré bénédictin, tel que délimité en rouge sur le plan joint à l'arrêté, à savoir les bâtiments, sols et terrasses, à l'exception des remparts de la ville déjà classés sur lesquels repose la terrasse sud, et à l'exclusion du bâtiment situé à l'extrémité ouest de l'ensemble sur la parcelle AO 697 et figuré en bleu sur le plan joint à l'arrêté (cad. AO 696, 697, 698, 699, 700, 701, 702, 876): classement par arrêté du 15 décembre 2017
Personnages clés
| Charlemagne - Empereur carolingien |
Fondateur du couvent initial |
| Gombaud - Évêque de Bazas (Xe siècle) |
Refondateur du monastère en 977 |
| Guillaume Sanche - Duc de Vasconie |
Cosignataire de la charte de 977 |
| Abbon de Fleury - Abbé de Fleury |
Assassiné en 1004 au prieuré |
| Henri II d’Angleterre - Roi d’Angleterre |
Commanditaire du château des Quat’Sos |
| Maurice Murcy (dit Langevin) - Architecte (XVIIIe siècle) |
Reconstructeur du prieuré après 1704 |
| Blaise Charlut - Ferronnier d’art (1717-1792) |
Auteur des grilles et rampes |
Origine et histoire
Le prieuré Saint-Pierre de La Réole trouve ses origines dans un couvent bénédictin fondé vers 777 par Charlemagne sous le nom de « Squirs », détruit par les Normands en 848. Reconstruit à la fin du Xe siècle par l’évêque Gombaud de Bazas et son frère Guillaume Sanche, duc de Vasconie, il adopte alors le nom latin de Regula (à l’origine du nom actuel de la ville) et se place sous la règle de saint Benoît. La charte de 977, signée par les deux frères, rattache le monastère à l’abbaye de Fleury et énonce ses dépendances (églises, terres, moulins). L’assassinat de l’abbé Abbon de Fleury en 1004 par un moine gascon marque une période de troubles pour le prieuré.
Au XIIe siècle, la construction du château des Quat’Sos par Henri II d’Angleterre (vers 1186-1194) impose le déplacement et la reconstruction de l’église Saint-Pierre, raccourcie de deux travées en 1254 après un siège. Les croisillons du transept, ajoutés aux XIVe-XVe siècles, témoignent de cette évolution architecturale. Le prieuré, détenu par des cardinaux proches de Clément V, bénéficie d’indulgences papales en 1311 pour achever l’église. Les guerres de Religion ravagent le site en 1577 : les protestants incendient le monastère, détruisant la charpente de la nef. La vie monastique reprend en 1597 dans l’hôpital de la Madeleine, avant une reconstruction majeure.
La reconstruction du prieuré s’étale de 1608 à 1764, marquée par l’adoption de la réforme mauriste en 1627. Les moines font voûter la nef en 1685 par l’architecte Urbain Théry, puis entreprennent une reconstruction complète à partir de 1704 sous la direction de Maurice Murcy (surnommé Langevin). Le long corps de logis surplombant la Garonne, achevé en 1725, intègre un escalier d’honneur et des grilles en fer forgé signées Blaise Charlut (1717-1792). Malgré des vices de construction nécessitant des contreforts en 1726, les travaux se poursuivent jusqu’en 1764, avec le renouvellement du mobilier liturgique. La Révolution transforme le prieuré en bien national en 1790 ; l’église, désaffectée, devient paroissiale en 1839 après la destruction de l’église Saint-Michel.
Aujourd’hui, le prieuré abrite la mairie de La Réole. Classé monument historique en 1925 (avec des protections complémentaires en 1954 et 1965), il conserve des éléments remarquables comme l’escalier à rampe en fer forgé, la voûte ellipsoïdale de la cage d’escalier, et des décors du XVIIIe siècle. Les sièges répétés (1224 à 1652) et les reconstructions successives reflètent son rôle stratégique aux confins de la Gascogne et du Bordelais, entre conflits franco-anglais et guerres de Religion.
Devenir actuel
Aujourd'hui, le prieuré abrite la mairie de La Réole ainsi que le tribunal d'instance.