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Prieuré de La Réole en Gironde

Patrimoine classé Patrimoine religieux Prieuré

Prieuré de La Réole

    Place Saint-Pierre
    33190 La Réole
Propriété du département ; propriété de la commune
Prieuré de La Réole
Prieuré de La Réole
Prieuré de La Réole
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Prieuré de La Réole
Crédit photo : L’auteur n’a pas pu être identifié automatiquement - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
800
900
1000
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
777
Fondation par Charlemagne
848
Destruction normande
977
Charte de restauration
1004
Assassinat d’Abbon de Fleury
1186-1194
Construction du château des Quat’Sos
1577
Incendie protestant
1627
Réforme mauriste
1704-1764
Reconstruction du prieuré
1790
Nationalisation révolutionnaire
1925
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

En totalité, l'ancien prieuré bénédictin, tel que délimité en rouge sur le plan joint à l'arrêté, à savoir les bâtiments, sols et terrasses, à l'exception des remparts de la ville déjà classés sur lesquels repose la terrasse sud, et à l'exclusion du bâtiment situé à l'extrémité ouest de l'ensemble sur la parcelle AO 697 et figuré en bleu sur le plan joint à l'arrêté (cad. AO 696, 697, 698, 699, 700, 701, 702, 876): classement par arrêté du 15 décembre 2017

Personnages clés

Charlemagne - Empereur carolingien Fondateur du couvent initial
Gombaud - Évêque de Bazas (Xe siècle) Refondateur du monastère en 977
Guillaume Sanche - Duc de Vasconie Cosignataire de la charte de 977
Abbon de Fleury - Abbé de Fleury Assassiné en 1004 au prieuré
Henri II d’Angleterre - Roi d’Angleterre Commanditaire du château des Quat’Sos
Maurice Murcy (dit Langevin) - Architecte (XVIIIe siècle) Reconstructeur du prieuré après 1704
Blaise Charlut - Ferronnier d’art (1717-1792) Auteur des grilles et rampes

Origine et histoire

Le prieuré Saint-Pierre de La Réole trouve ses origines dans un couvent bénédictin fondé vers 777 par Charlemagne sous le nom de « Squirs », détruit par les Normands en 848. Reconstruit à la fin du Xe siècle par l’évêque Gombaud de Bazas et son frère Guillaume Sanche, duc de Vasconie, il adopte alors le nom latin de Regula (à l’origine du nom actuel de la ville) et se place sous la règle de saint Benoît. La charte de 977, signée par les deux frères, rattache le monastère à l’abbaye de Fleury et énonce ses dépendances (églises, terres, moulins). L’assassinat de l’abbé Abbon de Fleury en 1004 par un moine gascon marque une période de troubles pour le prieuré.

Au XIIe siècle, la construction du château des Quat’Sos par Henri II d’Angleterre (vers 1186-1194) impose le déplacement et la reconstruction de l’église Saint-Pierre, raccourcie de deux travées en 1254 après un siège. Les croisillons du transept, ajoutés aux XIVe-XVe siècles, témoignent de cette évolution architecturale. Le prieuré, détenu par des cardinaux proches de Clément V, bénéficie d’indulgences papales en 1311 pour achever l’église. Les guerres de Religion ravagent le site en 1577 : les protestants incendient le monastère, détruisant la charpente de la nef. La vie monastique reprend en 1597 dans l’hôpital de la Madeleine, avant une reconstruction majeure.

La reconstruction du prieuré s’étale de 1608 à 1764, marquée par l’adoption de la réforme mauriste en 1627. Les moines font voûter la nef en 1685 par l’architecte Urbain Théry, puis entreprennent une reconstruction complète à partir de 1704 sous la direction de Maurice Murcy (surnommé Langevin). Le long corps de logis surplombant la Garonne, achevé en 1725, intègre un escalier d’honneur et des grilles en fer forgé signées Blaise Charlut (1717-1792). Malgré des vices de construction nécessitant des contreforts en 1726, les travaux se poursuivent jusqu’en 1764, avec le renouvellement du mobilier liturgique. La Révolution transforme le prieuré en bien national en 1790 ; l’église, désaffectée, devient paroissiale en 1839 après la destruction de l’église Saint-Michel.

Aujourd’hui, le prieuré abrite la mairie de La Réole. Classé monument historique en 1925 (avec des protections complémentaires en 1954 et 1965), il conserve des éléments remarquables comme l’escalier à rampe en fer forgé, la voûte ellipsoïdale de la cage d’escalier, et des décors du XVIIIe siècle. Les sièges répétés (1224 à 1652) et les reconstructions successives reflètent son rôle stratégique aux confins de la Gascogne et du Bordelais, entre conflits franco-anglais et guerres de Religion.

Devenir actuel

Aujourd'hui, le prieuré abrite la mairie de La Réole ainsi que le tribunal d'instance.

Liens externes