Frise chronologique
1145
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1145 (≈ 1145)
Par Bertrand de Civray (Griffeuilles) sur des terres cédées.
1244
Visite de Louis IX
Visite de Louis IX
1244 (≈ 1244)
Séjour du roi et de Blanche de Castille.
1347
Pillage par les Anglais
Pillage par les Anglais
1347 (≈ 1347)
Occupation pendant la guerre de Cent Ans.
XIIIe siècle (vers 1250)
Construction du nouveau monastère
Construction du nouveau monastère
XIIIe siècle (vers 1250) (≈ 1350)
Remplacement des bâtiments initiaux trop petits.
1452
Restauration par Jean de Castelnau-Calmont
Restauration par Jean de Castelnau-Calmont
1452 (≈ 1452)
L’évêque de Cahors relance le prieuré.
1588-1589
Ruine par les Protestants
Ruine par les Protestants
1588-1589 (≈ 1589)
Abandon après les guerres de Religion.
1661-1762
Gestion par les Jésuites
Gestion par les Jésuites
1661-1762 (≈ 1712)
Transformation sous le Noviciat de Toulouse.
1793
Vente comme bien national
Vente comme bien national
1793 (≈ 1793)
Acquis par Joseph Alexandre Bergeron.
1925 et 1952
Classement monument historique
Classement monument historique
1925 et 1952 (≈ 1952)
Protection des façades et toitures.
1974
Restauration par la famille Touvet
Restauration par la famille Touvet
1974 (≈ 1974)
Sauvegarde et réhabilitation du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ancien prieuré, actuellement presbytère : inscription par arrêté du 18 mai 1925 ; Façades et toitures des bâtiments constituant l'aile Sud : inscription par arrêté du 30 décembre 1952
Personnages clés
| Bertrand de Civray (ou Griffeuilles) - Fondateur du prieuré |
Moine poitevin, créa le monastère en 1145. |
| Hugues de la Roche - Seigneur de Malleville |
Céda les terres pour la fondation. |
| Louis IX - Roi de France |
Séjourna au prieuré en 1244. |
| Jean de Castelnau-Calmont - Évêque de Cahors |
Dirigea la restauration au XVe siècle. |
| Joseph Alexandre Bergeron - Acquéreur révolutionnaire |
Acheta le prieuré comme bien national. |
| Antoine de Bournazel - Sénéchal de Rouergue |
Chassa les Protestants en 1589. |
Origine et histoire
Le prieuré Notre-Dame de Laramière, fondé en 1145 par le moine Bertrand de Civray (ou Bertrand de Griffeuilles), s’implante sur des terres cédées par Hugues de la Roche, seigneur de Malleville. Ce prieuré augustin, dédié à Notre-Dame, remplace une commanderie du XIe siècle destinée aux pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Après la découverte des reliques de saint Amadour, le chemin de pèlerinage se déplace vers Rocamadour, mais le prieuré prospère grâce aux dons et propriétés acquises, notamment à Najac et Toulongergues.
Au XIIIe siècle, les bâtiments initiaux, jugés trop exigus, sont remplacés par un nouveau monastère. En 1244, Louis IX et Blanche de Castille y séjournent, témoignant de son importance. Cependant, la guerre de Cent Ans (1347-1368) ravage le site : les troupes anglaises l’occupent et le pillent en 1347, suivies par les routiers de Puylagarde (1381-1385). Le prieuré ne se relève qu’au XVe siècle sous l’impulsion de l’évêque Jean de Castelnau-Calmont, qui en assure la restauration avant d’y mourir en 1452.
Les guerres de Religion (1588-1589) portent un nouveau coup au monastère : les Protestants l’occupent et le ruinent, poussant les chanoines à l’abandonner. En 1661, le prieuré passe sous la tutelle des Jésuites de Toulouse, qui le transforment jusqu’à leur départ en 1762. La Révolution française marque un tournant : vendu comme bien national en 1793, il est acquis par Joseph Alexandre Bergeron, dont la fille épouse le ministre de la Guerre Pierre Antoine Dupond de l’Étang.
Au XIXe siècle, le prieuré est morcelé : l’aile orientale devient un presbytère, tandis que l’aile sud est convertie en granges. Abandonné à partir des années 1960, il est racheté en 1974 par la famille Touvet, qui entreprend sa restauration. Depuis 2004, un chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle passe à nouveau par Laramière. Classé monument historique en 1925 et 1952, le site conserve des éléments remarquables comme la salle capitulaire du XIIIe siècle et un pigeonnier en encorbellement.
L’église Saint-Georges, attenante au prieuré, complète cet ensemble architectural en fer à cheval, témoignant de son passé religieux et hospitalier. Les peintures murales et les voûtes ogivales, notamment dans l’aile Est, illustrent l’évolution stylistique du monument à travers les siècles. Aujourd’hui, le prieuré allie patrimoine historique et vie locale, avec des parties ouvertes à la visite ou transformées en habitations privées.