Origine et histoire du Prieuré
Le prieuré de Luché est un manoir situé à Luché-Pringé, dans l'ancienne province de l'Anjou (actuel département de la Sarthe). Il a été fondé au XIe siècle : en 1057, Raoul V, vicomte du Maine, et son épouse Emmeline de Montreveau, dame du Lude, cèdent l'église de Luché aux moines de l'abbaye Saint-Aubin d'Angers pour la somme symbolique de cinq sols, avec l'obligation d'y établir un prieuré sous le vocable de saint Martin. Les travaux d'une nouvelle église débutent aussitôt et, édifiés côte à côte, l'église et le logis n'ont alors pas de façade occidentale, l'entrée étant réservée aux chanoines. La construction du premier logis des moines aurait commencé en 1166, à une époque où le couvent comprenait une trentaine de religieux. Totalement détruit pendant la guerre de Cent Ans, le prieuré est reconstruit dans les dernières années du XVe siècle sous le prieur Pierre du Fay. Le logis accueillait les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, comme l'attestent les coquilles figurant sur les façades. Par l'édit de fondation du collège royal de La Flèche, Henri IV attribue aux jésuites plusieurs prieurés, dont celui de Luché, où ils établissent une école. En 1796, l'église et le prieuré sont vendus comme biens nationaux et acquis par le fermier Pierre-François Lépine et le maréchal-ferrant René Martin, qui souhaitent sauver l'église et la maintenir au culte ; en 1813 ils en font don à la commune de Luché. Le prieuré passe ensuite entre plusieurs familles au gré des ventes et des successions et devient, à la fin du XIXe siècle, l'Hôtel du Lion d'Or. M. Jaffrézic, maire de Luché, en fait l'acquisition en 1970 et obtient l'inscription des façades et des toitures à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 20 mars 1978. Le logis du prieuré est un édifice quadrangulaire en pierre de taille ; ses façades et son pignon sud présentent des traces d'ouvertures ogivales ou voûtées aujourd'hui murées. La façade est comporte une tour décentrée à huit pans, surmontée d'un toit pyramidal recouvert d'ardoises, et le faîte de la toiture porte deux souches de cheminée en briques. On relève également la présence d'une lanterne des morts, ainsi que la façade est et le pignon sud figurant parmi les éléments notables. Parmi les sources consultées figurent Le patrimoine des communes de la Sarthe (Collectif, Flohic, 2000) et Autrefois chez nous : Les histoires, les coutumes, les curiosités de nos villages : Luché‑Pringé, Mareil‑sur‑Loir, Saint‑Jean‑de‑la‑Motte, Thorée‑les‑Pins (Collectif, Association Autrefois chez nous, 1998). Des notices et ressources complémentaires sont disponibles dans les inventaires régionaux et la base Mérimée.