Fondation clunisienne XIe siècle (≈ 1150)
Création par les bénédictins de Cluny.
XIVe siècle
Première attestation écrite
Première attestation écrite XIVe siècle (≈ 1450)
Mentionné comme *prioratus de Mantula Cluniaci*.
XVe–XVIe siècles
Reconstruction majeure
Reconstruction majeure XVe–XVIe siècles (≈ 1650)
Éléments visibles actuels datent de cette période.
1741
Incendie du clocher
Incendie du clocher 1741 (≈ 1741)
Toit écroulé, église menacée de fermeture.
3 juin 1986
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 3 juin 1986 (≈ 1986)
Inscription par arrêté ministériel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Prieuré (ancien) (cad. AK 87) : inscription par arrêté du 3 juin 1986
Personnages clés
Jean de Beauvoir - Prieur
Dirige le prieuré à partir de 1460.
Vivien - Prieur
Attesté en 1568.
Joseph Mouret - Prieur
En fonction de 1721 à 1772.
Étienne - Prêtre légendaire
Protagoniste de la légende du chevalier fantôme.
Origine et histoire
Le prieuré de Manthes fut fondé au XIe siècle par les bénédictins de l’ordre de Cluny, sur l’actuelle commune de Manthes, au nord de la Drôme. À son apogée, il administrait trois autres prieurés (Charrière, Peaugres, Montchastain) et jouissait de droits féodaux partiels sur les terres de Moras. Les moines, au nombre de six ou sept, participèrent activement au défrichement de la région et, plus tard, à l’élevage de vers à soie. Le site est attesté au XIVe siècle sous le nom de prioratus de Mantula Cluniaci, mais les vestiges visibles aujourd’hui datent majoritairement des XVe et XVIe siècles, période de reconstruction partielle.
L’architecture du prieuré révèle une superposition de styles. Le chevet de l’église, seul élément roman conservé, comprend une abside et deux absidioles voûtées en cul-de-four. La croisée du transept, soutenue par quatre piles en tuf, arbore des chapiteaux sculptés – trois à motifs végétaux, un quatrième symbolisant la parole par une tête crachant du feuillage, typique de l’art rhodanien. Des traces de fresques subsistent, comme le triangle de la Trinité sur une voûte. Le clocher, quadrangulaire et trapu, reconstruit au XVIe siècle en molasse, présente deux étages percés de fenêtres géminées. Un incendie au XVIIIe siècle (1741) endommagea gravement l’édifice, nécessitant des réparations urgentes.
Le prieuré est aussi lié à une légende médiévale : un chevalier non repentant, enterré près de l’église, hanterait les lieux pour implorer la rédemption. Il serait apparu à un prêtre nommé Étienne, lui révélant deux péchés non confessés et chargeant son frère Anselme de les expier. Cette histoire, typique des récits moralisateurs chrétiens, s’inscrit dans le folklore local. Aujourd’hui, il ne reste rien des bâtiments clunisiens originels ; les éléments visibles reflètent les remaniements des XVe et XVIe siècles, période où le prieuré fut inscrit comme monument historique (1986).
Parmi les religieux ayant marqué son histoire, on compte Jean de Beauvoir (prieur en 1460), Vivien (1568), ou encore Joseph Mouret (1721–1772), qui dirigèrent le prieuré durant ses dernières siècles d’activité. Le site, aujourd’hui propriété d’une association, conserve des vitraux partiels du XVIe siècle (têtes de saint Pierre et saint Paul) et des traces d’art gallo-romain réemployé, comme les têtes moustachues du porche, héritées d’un ancien sanctuaire païen.
Classé Monument Historique en 1986, le prieuré de Manthes illustre l’héritage clunisien en Dauphiné, entre spiritualité, architecture hybride et mémoire légendaire. Son clocher, ses fresques fragmentaires et son porche composite en font un témoignage rare des transitions stylistiques et culturelles entre Moyen Âge et Renaissance en vallée du Rhône.
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